« Au début, la course est partie sur un rythme fou. Les leaders ont pris le large tellement rapidement, je ne sais pas comment ils font ! De mon côté, j’étais un peu débordé dès le départ avec ce vent fort, je n’avais pas encore l’habitude de gérer de telles conditions en solo sur ce bateau. Je n’ai pas pu tenir la cadence initiale et je me suis très vite retrouvé isolé au bout de deux jours. La dynamique était particulière : un seul long bord, un seul empannage et un unique changement de voile… Finalement, on attendait que le temps passe et j’ai pu faire de bonnes nuits. J’avais un peu l’impression de faire un gros convoyage en solitaire, et ces trois ou quatre jours tout seul commençaient à devenir un peu longs.
Heureusement, tout a changé à la fin lorsque la flotte a convergé vers Graciosa. J’ai réussi à recoller à un groupe et mon état d’esprit a complètement basculé. Je préfère de loin la régate au contact, avoir du monde autour et attaquer le concurrent d’à côté ! Cette émulation m’a permis de cravacher et de gagner au moins une dizaine de places.
En passing au nord de Graciosa, la toute fin de parcours a été marquée par une grosse session de pétole. Alors qu’on pensait arriver au petit matin, on a fini par couper la ligne le soir. C’était malgré tout une très belle fin de course, avec la vue magnifique sur les îles et le plaisir de retrouver les copains sur les pontons.
Jusqu’ici, j’avais surtout navigué en double sur ce bateau, en dehors de mes navigations de qualification en solitaire. Cette première grande épreuve au large m’a énormément appris. Ça me donne très envie de m’atteler à un gros travail d’entraînement sur le circuit l’année prochaine pour revenir en mode compétition et tout donner sur la Mini-Transat ! »



