C’est en embrassant le mât de son bateau que Timothée Marguier a célébré son arrivée aux Sables-d’Olonne. Depuis le départ d’Horta il y a 9 jours, il a en effet passé toute la traversée en tête-à-tête avec son voilier. Une expérience de navigation en symbiose totale, poussée jusqu’à décrocher la 3ème place du classement non officiel des « No Scows » grâce à une trajectoire 100 % personnelle.
» J’ai embrassé mon mât à l’arrivée, c’est vrai ! Mon bateau a été mon seul partenaire pendant tous ces jours. Je lui ai beaucoup parlé parce que je n’avais personne d’autre à qui m’adresser : je me suis séparé du reste du groupe dès le premier jour et je me suis retrouvé vraiment tout seul. Cela ne m’était jamais arrivé, pas même sur la première étape. Il a fallu créer une vraie symbiose avec le bateau pour tenir le coup.
Se retrouver ainsi isolé, c’est assez particulier et perturbant. On se pose beaucoup plus de questions car on n’a plus aucun référentiel autour de soi pour savoir si on a la bonne vitesse ou si l’on va au bon endroit. Mais c’est aussi ça qu’on vient chercher en course au large. Je ne voulais pas être un simple suiveur, je voulais avoir ma propre trace, ma propre logique. Malheureusement, je ne suis pas parti du bon côté à un moment donné, mais je suis fier de ma course : c’est ma trajectoire, et personne d’autre n’a la même !
Côté résultat, je termine 3ème des bateaux à étrave non ronde (« Pointus »). C’était l’un de mes objectifs. Je ne suis pas passé loin de la victoire sur cette deuxième étape, mais je me suis fait avoir sur la fin. Cela dit, un podium chez les Pointus, ça a de la gueule, surtout quand on voit le niveau des deux premiers qui sont très forts. Je suis vraiment très content de ce podium ! »



