Pêle-mêle des réactions des skippers en Série

13 Août 2024 | Edition 2024

Blaise Ribon (1040 – Corto) : « J’ai pris le départ de la première étape avec beaucoup d’appréhensions et celui de la deuxième avec beaucoup d’espoirs. Mes objectifs ont clairement changé entre le début et la fin. C’était de finir dans le Top 10 en partant des Sables d’Olonne puis de garder le podium en quittant Horta. J’avais vraiment la motivation. Je savais que je savais faire avancer le bateau et surtout qu’au niveau météo j’arrivais plutôt à bien comprendre. J’ai réussi à partir très bien, avec le bon groupe, puis à enchainer et à faire le trou. Malheureusement, j’ai rapidement explosé mon spi max. Dès lors, je me suis tiré une balle dans le pied. J’ai dû adapter ma stratégie, faire une trajectoire plus directe puis essayer de me séparer du groupe pour garder l’avantage. Finalement, c’est bien passé.
Les deux étapes ont été très différentes. On a été rapides dans les deux cas et ça, c’est cool. Il y a eu des passages météos divers et variés. Il y a eu énormément de stratégie et ça a été hyper intéressant. C’était une première grande expérience au large pour moi. Je craignais la solitude mais je l’ai en fait bien vécue. Je me suis parlé pendant des heures. Je suis devenu fou, je pense (rires). J’ai chanté une chanson en boucle pendant une semaine mais ça l’a fait et je me suis bien trouvé. J’ai réussi à manger, à dormir et à boire, ce que je n’étais pas parvenu à faire sur les courses d’avant saison. C’est un gros point positif. »

Cédric Marc (1025 – Casper) : «Cette deuxième étape n’a pas été facile du tout. J’ai seulement eu Thomas Biasse à la VHF lors du deuxième jour. Ensuite je n’ai plus eu personne et plus personne non plus à l’AIS. J’ai fait mes choix mais je n’étais pas sûr que ce soient les bons. Je me suis rendu-compte à l’arrivée, lorsque l’on s’est tous recroisés, qu’on était tous à peu près sur la même ligne mais je n’en avais aucune idée. A l’aller, je pensais que tous mes concurrents étaient au sud alors qu’ils étaient au nord et inversement cette fois. Quand on ne sait pas ce qui se passe, on devient vite un peu parano. Au bout d’un moment, j’ai d’ailleurs arrêté d’écouter les classements Quand je les ai repris, il y a deux jours, j’étais 6e alors que je ne pensais vraiment pas être là du tout. C’était une super surprise. Ensuite, je n’ai rien lâché jusqu’au bout et ça payé !

C’est merveilleux de terminer sur le podium au classement général. Encore une fois, je partais sur ce projet et sur cette course sans grandes ambitions mais en me disant que si je faisais des Top 10, c’était déjà exceptionnel. Ce résultat, je n’aurais même pas osé le rêver ! Ce n’est que du bonheur ! Lorsque c’est compliqué, ça permet d’apprendre très rapidement. On n’a pas l’occasion, sur les courses d’avant-saison, de voir ce genre de systèmes météos. Il n’y a pas mieux que la pratique pour connaître ce genre de situation. Je suis super content. Il y a eu beaucoup de moments un peu compliqués. Il y a eu des orages et des éclairs tout autour du bateau. Je ne savais pas s’il fallait couper l’élec ou bien continuer. Il y a aussi eu du vent très fort mais ça, c’était le bonheur. Toute la journée d’hier, j’ai barré du matin au soir avec l’enceinte dans le cockpit et la musique à fond. J’ai trop aimé ! Je faisais des surfs de fou furieux. Je me demandais un peu à quel moment ça allait casser mais c’était trop bien, ça ne s’arrêtait jamais, un peu comme un skieur qui aurait descendu une pente tout schuss pendant 15 heures ! Ces bateaux sont merveilleux. Vraiment fabuleux ! »

Thomas Biasse (880 – Une Spondy en Mini) : « C’était une belle course. Une course très technique, plus que la Mini Transat, je pense, car avec des systèmes météos plus complexes. C’était clairement une belle préparation pour la suite. J’ai trouvé la deuxième étape beaucoup plus dure que la première physiquement. Ça a été dur de trouver les ressources et même l’envie d’aller à fond, avec des bateaux comme les Maxi 6.50 qui étaient quand même très privilégiés. C’était impossible de tenir leurs vitesses et mentalement c’était dur de les voir partir tout en étant à fond. Il n’a quand même pas fait très beau temps, avec des passages de fronts. C’était dur de se prendre constamment de la pluie, des nuages… C’était malgré tout hyper intéressant et hyper formateur. J’ai pris un peu moins de plaisir que sur la manche aller surtout que j’ai eu un souci avec ma liseuse. Elle est tombée dans l’eau de mer et c’est elle qui me permet de déconnecter pour dormir. Du coup, c’était un peu long parfois mais c’était très bien. Je suis super content de terminer dans le Top 10. C’était le challenge ! »

Sébastien Jouve (970 – Caliso Paysages et Horizons PH7) : « Cette deuxième étape n’a pas été si facile. Par moments, les conditions étaient costaudes puis d’un coup, c’était pétole. Ça alternait tout le temps mais ça donnait du rythme. Honnêtement, comme lors de la première manche, c’est passé super vite, et avec un résultat un peu mieux. Je croise les doigts pour que ça me fasse remonter un peu au classement général. Je suis aussi venu là pour ça. C’était vraiment sympa. Ça a vraiment été un bon moment. A la fin, on était un petit groupe de trois bateaux. On échangeait à la VFH pour se motiver. Justine (Saint Hilaire), par exemple, n’avait plus de spi médium, et c’était important de pouvoir l’encourager, même dans la difficulté, de continuer l’effort. Franchement, avec elle et Ramon (Ribera), ça a fait une belle émulation pour bien terminer.

En Mini 6.50 on vit des moments uniques. On est vraiment favorisé de pouvoir faire ce genre de course. On découvre une autre personnalité de soi-même. En mer, on est seul et on fait ses choix. On a vraiment l’apprentissage de la météo. Tous ces éléments me plaisent et franchement c’est cool. Je me dis que l’avenir, c’est quand même d’être au milieu de l’eau. J’éprouve énormément de plaisir à bord de mon bateau. Même s’il a cassé à pas mal d’endroits pendant la course, il flotte encore et il m’a amené jusqu’ici. J’ai en fait deux varangues qui se sont désolidarisées du cockpit parce que j’ai trop tiré sur le mât. C’est ma faute car j’ai winché un peu trop fort mais on m’a dit « plus tu tires, plus tu vas vite » ! (Rires) »

Ramon Ribera (1035 – Sames Company) : « Cette seconde étape a vraiment été incroyable ! C’est magique d’être en milieu de l’océan et d’aller plein gaz au portant pendant aussi longtemps ! Je termine 11e. C’est bien mais j’aurais bien aimé finir dans le Top 10 car c’était mon objectif. J’ai croisé une énorme baleine. Elle est venue tout proche du bateau. Ça restera un joli souvenir. J’ai rencontré des problèmes techniques lors des deux premiers jours et j’ai perdu pas mal de terrain à ce moment-là. J’ai notamment cassé mon spi medium, ce qui m’a handicapé pour aller vite dans le vent fort mais je suis en tous cas très content d’avoir pu finir et d’être là. Ce que j’ai trouvé le plus dur, ce sont les deux derniers jours. Il n’y avait pas de vent du tout. Je voyais les Sables d’Olonne mais j’étais littéralement planté devant. J’aurais presque pu aller à la nage jusqu’à la plage, prendre une bière, puis revenir à mon bateau qui, lui, n’aurait toujours pas bougé ! (Rires) Lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’avoue avoir versé quelques larmes mais des larmes de joie. Je remercie sincèrement toutes les personnes qui m’ont permis de participer à cette épreuve, mes sponsors et mon frère ainsi que tous les gens qui me suivent. »

Justine Saint Hilaire (887 – King Julian 3) : “ Je suis trop heureuse d’arriver. Ça a été plus dur qu’à la première étape. On a été mis à l’épreuve jusqu’à la fin. Au petit matin, j’étais à l’île d’Yeu. Je me voyais déjà manger des croissants sur le ponton pour le petit déjeuner mais, sanction, la dorsale est arrivée ! Ça a été une étape trop intéressante, avec plein de nouveaux phénomènes météo et pas mal de portant bourrin où c’était compliqué parce que je n’avais plus de spi médium puisque je l’avais perdu sur la première étape. Du coup, j’ai tenu mon spi max sur un Pogo 3 dans tous les fronts. Ça a fait de belles nuits d’insomnie, compliquées à gérer, mais je sentais que mon vaillant et robuste petit bateau pouvait tenir donc j’y suis allée. J’avais trop envie de me prouver à moi-même que ma 11e place sur la première étape était légitime. J’ai tout donné et ça l’a fait. Ce qui restera après, ce sont tous les bons moments : les levers de soleil, les fois où, quand on est trempé, on peut enfin se faire sécher… Quel luxe de pouvoir couper de tout pendant dix jours et de n’avoir aucun autre souci que ceux de vouloir faire marcher son bateau et de doubler les copains ! »

Noémie Catalano (1076 – Kokomo) : « Je suis trop contente d’être arrivée, en plus j’ai un super accueil : mes proches m’attendaient avec impatience ! De mon côté, à un moment je me suis dit que je n’allais jamais les revoir à cause de la pétole ! Un coup, on avait un front, un coup, une dorsale. Il fallait tout le temps jongler avec ça et ça a vraiment été intense. Le classement est franchement au-dessus de mes attentes, je suis trop contente. Je n’ai rien lâché. En plus, comme je n’avais plus de spi médium, j’ai dû faire avec mon spi max dans le vent fort, en mode « à fond ». Je n’ai pas lâché et ça a tenu. Ça a vraiment été une super expérience. Ça met en confiance pour la suite. Sur la première étape, tout avait été vraiment génial. Sur la deuxième, j’ai quand même plus senti la fatigue. J’avais super mal au dos mais je me suis accrochée jusqu’au bout. J’avais peur de me faire empétoler toute cette nuit ! Clairement, je n’ai plus envie de vendre le bateau, c’était trop bien ! »

Arthur Peugeot (896 – OMS AMIPI) : « C’était encore une fois une étape incroyable. Je crois qu’on a été pas mal, au départ, à avoir du mal à se lancer. On n’avait pas envie de quitter les Açores et on était un peu fatigués aussi. C’est néanmoins parti à 200 à l’heure, avec pas mal de vent. Ça nous a mis directement dans le bain. Pendant deux jours, on a tous été à fond à se suivre mais ensuite je me suis rapidement retrouvé tout seul. J’ai vu que j’avais des classements pas trop mal par rapport à ce que je faisais d’habitude mais je pensais que c’était parce que j’étais à l’est et que, du coup, en distance au but j’étais plus près. Ensuite, j’ai vu que même quand on avait tourné, ça se maintenait donc j’ai attaqué le plus possible et je suis super content d’arriver 14e. C’est le meilleur classement que je n’ai jamais fait.

J’ai trop hâte de voir la cartographie car je n’ai pas toujours bien compris ce qui se passait. Il y a deux jours, j’ai complètement pété un plomb. J’ai fait une grosse crise de nerfs parce que je suis allé un peu trop au sud et j’ai pensé que j’allais rester planté dans la dorsale pendant trois jours en regardant tous les autres me passer. Je suis trop content. A la première étape, mon but était d’arriver aux Açores sans me dégouter. A la deuxième, j’ai un peu pris confiance et c’est cool. Je retiens que je prends beaucoup plus de plaisir que ce que j’imaginais. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle (rires) ! J’adore être sur l’eau, être tout seul, faire ma course…. Je prends beaucoup de plaisir. Je découvre encore le bateau et je découvre encore plein de trucs. J’ai retenu plein de leçons pour la Mini Transat et j’ai réussi à faire marcher mon pilote sous spi la nuit en dormant, ce que je n’étais pas parvenu à faire lors de la première étape. C’était un objectif donc tout va bien. Je suis content d’arriver et d’avoir fait marcher mon vieux bateau qui va avoir dix ans. »

Pierrick Evenou (966 – Seeds – Bekina) : « Quelle fin de course incroyable ! Ça n’en finissait pas ! Je suis tellement content d’être là et d’avoir vécu ce finish avec tous les bateaux qui arrivaient en même temps ! On s’est bien bagarré sur les 50 derniers milles. C’était fou jusqu’au bout ! Au dernier classement, certains étaient à 100 milles et on les a vu revenir à 10 milles à l’AIS juste à la fin. Franchement, c’était fou ! Plus on se rapprochait de la côte, moins il y avait de vent. Ça parlait à la VHF dans tous les sens, tout le monde avait envie d’arriver… c’était trop bien !

Il s’est passé beaucoup de choses pendant cette deuxième étape. Elle a été complètement différente de la première. L’état d’esprit dans lequel j’étais était aussi très différent. Il y a eu des moments beaucoup plus durs. Il y avait évidemment moins l’effet découverte. Là, c’était plutôt une sorte de rush. C’était dur d’avoir pris une option qui n’a pas payé dès le début et d’être dans les 35 derniers. J’ai mis du temps à m’en remettre mais petit à petit je me suis refait au classement et j’ai retrouvé le sourire.

Je trouve ça incroyable ce qu’on est capable de faire. C’est dingue d’amener nos petits bateaux en solitaire jusqu’aux Açores. C’est quand même loin, vraiment loin, mais du coup on apprend tellement de choses ! Il y a énormément de positif ! »

Augustin Osmont d’Armilly (997 – Tanak Tombolog) : « C’était compliqué, on savait que tout le monde avait pris des options différentes. Certaines partaient payantes et finalement ne l’ont pas été, et inversement. Moi, je suis parti super au nord. Au début, j’ai pensé que ma course était finie et j’ai arrêté d’écouter le classement. En faisant mon petit bonhomme de chemin, j’ai réussi à remonter un peu, et je suis finalement plutôt content du résultat. Je suis un peu fatigué et le bateau aussi. On sent que la saison a été longue. Il y a pas mal de trucs à réparer pour préparer la transat l’année prochaine mais j’ai appris plein de trucs. C’était super beau. C’est quand même une super traversée.

C’est super délicat d’enchaîner deux courses comme ça avec une escale au milieu qui n’était pas très reposante, on va dire. Aborder cette deuxième étape en sachant que ça allait être long et compliqué, ce n’était pas évident. A présent, on est là, sans trop de casse et avec plein d’émotions dans la tête ! C’est trop cool. Je pense qu’on est tous super fiers de faire ce genre de course. Honnêtement, c’est dur et ce n’est pas toujours du plaisir. Il y a des moments compliqués, des moments où on a peur, des moments où on est frustré. Ce sont des émotions de temps en temps hyper négatives mais quand on arrive au ponton, on regarde le chemin parcouru et on se dit que c’était quand même super beau. Qu’il y a eu des moments extraordinaires et magnifiques comme des couchers de soleil, des rencontres avec des dauphins, des oiseaux, du plancton… En fait, on n’est jamais tout seul. C’est assez extraordinaire comme expérience ! C’est peut-être la seule fois de ma vie que je ferai la SAS mais je vais la garder en souvenir pour toujours ! Je suis trop content de l’avoir faite et trop content d’être arrivé ! »

Arnaud Kawka (1098 – Build Crew) : « C’était fou de tous se retrouver à la fin ! C’était énorme d’être une vingtaine à se tirer la bourre dans les dernières longueurs d’une étape de 1 300 milles ! On a eu un peu de tout et c’était trop bien. Pour moi, l’objectif était surtout de ramener le bateau parce que j’avais percuté un pêcheur avant l’arrivée de la première étape. J’avais passé la dernière journée avant l’arrivée aux Açores à pleurer. Je pensais que j’allais devoir abandonner parce que je ne pourrais pas réparer mais grâce à tout le monde j’ai pu ramener le bateau. C’est trop cool ! Ce que je retiens, c’est l’esprit génial de la communauté Mini, c’est vraiment quelque chose d’incroyable. Sans la solidarité des copains, je n’aurais jamais pu prendre le départ de la manche retour. Je suis super heureux d’avoir fait cette course. J’ai appris plein de trucs ! ».

Victor Sename (891 – Moana) : « C’était intense et fou de se retrouver aussi proche avec autant de concurrents à cinq milles de l’arrivée alors que pour ma part je n’avais vu personne de toute la course ! C’était vraiment impressionnant et j’avoue que j’étais content de voir que je n’étais pas si mal classé. Je pensais vraiment être loin or je ne l’étais pas. J’ai passé les quatre-cinq dernières heures rivé à la barre avec l’écoute dans la main, à fond, alors que le plus souvent, pendant la course, j’ai été dans la bannette.

J’ai plus apprécié cette deuxième étape que la première. J’étais moins stressé du résultat et j’ai pris le temps d’apprécier chaque moment. Bien sûr, j’ai eu quelques problèmes. J’ai notamment cassé mon étai le deuxième jour. Ça a généré un peu de stress mais une fois que j’ai vu que la réparation tenait bien, ça a roulé comme sur des roulettes. J’ai adoré l’expérience, découvrir le large et me découvrir moi-même, j’ai vraiment kiffé ! J’ai tellement réussi à me libérer ! Le solitaire, ce n’est pas évident mais j’adore ! »

Marie Chaussade (892 – Ganesh) : « Après neuf jours de course, finir à quinze dans un mouchoir de poche c’est hyper sympa mais c’est aussi hyper stressant ! Certains arrivaient du nord, d’autres du sud… ça a été un vrai bon finish de course ! Je pense que je vais beaucoup apprendre sur la carto parce qu’il a y des trucs que je n’ai pas du tout compris. J’ai trouvé la course complètement différente de la première étape. Elle a été plus dure car la météo a été plus difficile à comprendre. Il y a eu des moments de grande pétole et on sait que ce n’est pas mon fort. Ganesh a été au top, comme toujours. Il a retrouvé la maison donc c’est parfait.

Au final, il y a quand même eu beaucoup de kiff et on a fini la SAS ! Je crois que je ne réalise pas encore mais que je le ferai lundi, quand je serai au boulot ! (Rires) Le positif de cette super expérience c’est que j’ai confiance dans mon bateau. Je l’ai vraiment découvert et il m’a vraiment procuré de super sensations. J’ai hâte d’aller dans les alizés pendant la transat. Franchement, c’est un super bateau et ça fait plaisir ! »

Boris Bihan-Poudec (902 – Viltaïs) : « Ça a été moins éprouvant que la première étape parce que comme je voulais profiter de Horta, je m’étais mis la pression pour arriver. Là, ce n’était pas le cas. J’aurais évidemment bien aimé terminer dans les premiers mais apparemment ce n’est pas le cas… Le finish ? On s’est bien fait remonter. Cette dernière journée n’a donc pas été très agréable. J’ai découvert beaucoup de choses. J’ai notamment appris comment traverser une dorsale puis comment fonctionnait une VHF ! (Rires) Blague à part, c’était super. Il faut parfois se sortir un peu les tripes sur ce genre d’excercice. Dans la pétole, j’avoue que je me suis parfois énervé connement sur la bôme, sur le tangon…Dans ce type de conditions, on n’est pas toujours très intelligent mais heureusement, quand le vent revient, on oublie et ça se passe bien. »

Martin Brochard (955 – Martin d’eau douce) : « On était tous un peu alignés à 100 milles de l’arrivée. On a pensé que les premiers étaient en train de partir devant mais en fait tout s’est joué à la toute fin, dans les grains. C’était vraiment intéressant comme finish. C’était cool de terminer la course de cette manière, de pouvoir vraiment régater au contact, surtout après plusieurs jours passés sans voir personne. Il s’est passé plein de trucs. Ça n’a pas toujours été simple de lire la météo. Pour les gens de mon groupe, c’était un peu décevant au début parce qu’on s’est vraiment retrouvés derrière dès le début. On a ainsi cumulé beaucoup de retard dès les premiers jours, ce qui n’a pas été facile à gérer mais ensuite on est bien remontés pour finir milieu de tableau. Cette SAS était ma première grande course océanique. Je ne sais pas si je réalise encore bien le truc. Là, je suis dedans donc ça me paraît normal mais je pense que c’est quand même un peu incroyable de traverser l’Atlantique comme ça, sur nos petits bateaux. Je suis content d’être de retour aux Sables d’Olonne et content d’avoir vécu cette expérience ! »

Louis Boucasse (954 – AJD Diabète) : « C’est fait ! C’est un peu un soulagement d’arriver parce que c’était long. La fin de la course a été assez intense. Le fait de se retrouver au contact avec plusieurs bateaux, ça a remis un petit coup de jus. Ça a été super intéressant. Même si je ne m’en suis pas si bien tiré que ça, c’était cool de finir de cette manière. Je n’ai pas dormi depuis longtemps. J’ai trouvé que le scénario de cette deuxième étape était complexe, beaucoup plus que celui de la première. Je suis content mis à part le résultat parce que j’ai réussi à gommer les petites erreurs que j’avais pu faire auparavant. J’ai adoré l’expérience. Je ne sais pas si je réalise encore mais c’est sûr que de faire un aller et retour entre la Vendée et les Açores sur son petit bateau en solo, c’est quand même un truc de fou. C’était super riche, peut-être même un peu trop ! (Rires) A présent, j’ai bien besoin de repos. Je pense que j’ai plus donné sur la première manche mais je termine l’aventure super content et très enthousiaste. »

Maxime Bouvier (1000 – Alpha Lyre) : « C’était top ! C’était un bouquet d’émotions aussi positives que négatives mais dès que l’on pose le pied à quai, on a déjà oublié le négatif. La fin de la course a été assez folle. Des gens qui affichaient 100 milles de retard au classement hier sont finalement arrivés avec nous. Pour ma part, je n’ai qu’une hâte, c’est de voir la carto pour comprendre ce qui s’est passé parce que c’est complètement dingue ! J’ai beaucoup mieux vécu cette deuxième étape que la première. Je n’ai pas eu de problème technique et j’ai pu m’éclater puis rester au contact avec le groupe.

Je devais faire la Mini Transat l’an dernier et j’avais fini premier sur la liste d’attente. Je vais prendre un peu de temps pour réfléchir et savoir si je veux retenter ma chance pour l’aventure en 2025. Ce qui est certain, c’est que j’ai adoré l’expérience de cette SAS. C’était franchement incroyable. Ça reste une grande course et je suis super content de l’avoir bouclée. Je vais repartir hyper boosté. Tous les week-ends de besogne où on prépare le bateau, le rythme intense avec le boulot à côté… tout ça est oublié quand on est en mer. Franchement, je suis hyper heureux d’être là et d’avoir fini la course ! C’était dur mais je suis hyper content ! »

Arthur Cabie (993 – Ratapopoulos) :« Cette deuxième étape a été très variée et difficile à gérer sur le plan de la météo. Les prévisions ne collaient pas très bien avec ce qu’on avait sur l’eau et surtout on a alterné plusieurs phases où on avait de la pétole la journée et des passages de front la nuit. Il fallait se mobiliser, inverser complètement les cycles mais comme dans la molle on ne peut pas toujours dormir, c’était parfois un peu compliqué à gérer. Sinon, c’était une course hyper intéressante. Il a fallu de nouveau aller chercher les différents systèmes météos. A la fin, ça a été un peu dur de voir tout le monde rentrer en même temps mais sinon je suis hyper content.

Cette course nous a tous amenés à différents endroits mentalement. Il va falloir prendre un peu le temps pour débriefer tout ça. Y repenser et se poser les bonnes questions pour voir ce qu’on peut en tirer pour la suite. Plein de problèmes ont été soulevés et ça va être intéressant de les analyser un peu plus à froid. Je ne pensais pas avoir autant de difficultés à maintenir l’envie de naviguer et le plaisir d’être sur l’eau aussi longtemps, même en régate. D’habitude, sur des courses de quatre / cinq jours, je n’ai aucun problème, je suis toujours motivé mais là, après une semaine / dix jours, ça commençait un peu à être long. En mer, il y a un peu mille journées en une. Il faut arriver à tirer le meilleur à chaque fois et ce n’est pas facile. Dans certaines situations on se dit qu’on fait des trucs de fou mais comme ça marche, on revient ! »

Loïc Guyader (1055 – Kirby) : « Le départ de Horta était vraiment plein d’émotions, avec des images magnifiques. Je me suis rendu-compte que je n’avais pas vu les îles à l’aller en fait. Je devais être concentré sur le bateau dans la pétole, je ne sais pas. Là, les premiers milles sous spi dans l’archipel ont vraiment été incroyables ! J’avais réussi à me positionner à peu près là où je voulais. Après, ça c’est plutôt pas mal passé. Au quatrième ou cinquième jour en revanche, il y a eu une petite déception. Je me suis aperçu en me réveillant d’une sieste que mon spi était dans l’eau. Le point de drisse s’était arraché. Dès lors, je savais que ma course serait compliquée étant donné les prévisions. En plus, le lendemain j’ai constaté que j’avais une bastaque un peu abimée. Je suis passé dans un mode un peu plus « convoyage » pour sauver les meubles. Ça n’a pas trop mal marché jusqu’à ce matin mais la journée d’aujourd’hui a été horrible ! Je me suis fait rattraper par les gars qui étaient derrière, par ceux qui étaient passés au nord. J’ai ainsi dû perdre 15 places mais ce n’est pas grave, ça reste quand même une super aventure et pour l’aspect sportif, je reviendrai une prochaine fois. Comme j’avais dit à l’arrivée de l’étape 1, je suis bien sur le bateau et bien en mer. Cela confirme que j’ai envie de continuer quelques années dans ce milieu et ça c’est plutôt chouette. J’ai doublé le nombre de milles du bateau depuis que je l’ai. Je l’ai acheté avec 8 000 milles au compteur et il en a aujourd’hui 16 000. C’est quand même pas mal 8 000 milles en six mois, aussi bien en course, qu’en convoyage, qu’en qualif’. Je suis pleinement satisfait de tout ça et j’ai d’ores et déjà hâte de renaviguer dessus ! ».

Thiemo Huuk (1003 – Europe) : « Ça a été une très belle étape. Honnêtement, je l’ai trouvée plus facile que la première, sans doute parce qu’on a fait beaucoup de portant. Je me suis régalé et j’ai trouvé que c’était assez relaxant.Ça a été un long voyage avec beaucoup de nouvelles sensations et de nouvelles émotions. J’ai appris énormément de choses. Ça a vraiment été très intéressant même si ça n’a pas toujours été facile, spécialement dans la pétole. Je suis heureux d’avoir découvert les Açores. Je savais que c’était un coin particulier pour naviguer. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que ça puisse être si délicat d’entrer et de sortir de l’archipel. Au milieu de l’Atlantique, il y a eu des bords incroyables. Des bords presque interminables sous spi que je vais longtemps garder en mémoire. J’ai adoré passer tous ces jours en mer. J’ai littéralement perdu la notion du temps. J’ai été un peu surpris, à la fin, de retrouver autant de concurrents autour de moi, surtout après avoir été complètement seul sans jamais voir ni entendre personne à l’AIS ou à la VHF.  Je termine avec le sourire mais j’avoue qu’à certains moments je me suis quand même demandé ce que je faisais là. Je suis super content. Comme on dit : no pain, no gain ! ».

Yann Pignet (1013 – Faustyne – Gayam) : « Je suis très content. Ça a été une bonne expérience, presque l’équivalent d’une année de navigation dans mon secteur ! A l’aller, on est passé au sud de la dorsale et au retour on est passé au nord. Au final, on a dessiné une dorsale ! (Rires) Moi qui ne savais pas trop ce que c’était, maintenant quand je regarderai Télé Matin et qu’on me parlera de l’anticyclone des Açores, je saurai bien à quoi ça ressemble ! (Rires) Pour finir, cette SAS a été un condensé de beaucoup de belles choses. C’est cool d’avoir pu profiter de trois jours à Horta. C’était une coupure intéressante. Je suis content d’avoir ramené le bateau en entier car il y a eu quand même pas mal de péripéties entre le bateau qui a brûlé, les attaques d’orques et le reste. Sur ce genre de course, chacun part avec ses propres objectifs. Moi, je ne venais pas pour gagner mais pour me marrer, pour apprendre, pour voir du monde, pour rencontrer des nouvelles personnes et pour avoir une sorte de cadre. Ça a été une bonne tranche de vie. A présent, je dois digérer un peu tout ça. Je suis très content de l’avoir fait et d’avoir fait partie de l’aventure. »

Jean-Baptiste Minvielle (916 – Youkounkoun) : « Ça a été une étape assez bizarre pour moi car j’ai pris une assez mauvaise option et je me suis retrouvé trop au sud. C’était super mou. Il n’y a pas du tout eu les super grosses conditions qu’ont eu les autres. C’est allé un peu moins vite mais pour une fois, je suis resté sec sur le bateau. Ça a été assez limite assez reposant mais mentalement hyper intense d’autant que j’ai eu des problèmes de VHF. Je n’ai pu parler à personne pendant huit jours. Je me suis retrouvé coincé dans mon option.

J’ai eu un face à face avec un groupe d’une dizaine d’orques, avec des bébés dans le tas. Pendant deux heures et demie, elles allaient et venaient autour de mon bateau. C’était hallucinant. Globalement, ça a été hyper intense en termes de stratégie. Les prévisions étaient souvent à côté de la plaque. Pour finir, je suis tellement content d’avoir pu prendre toute l’expérience de ces neuf jours de mer et d’avoir puisé dans mes ressources comme ça ! Je suis content d’avoir tenu et de l’avoir fait. Aller aux Açores sur ces petits bateaux, c’est dingue ! La prochaine étape, ce sera la Mini Transat l’année prochaine. J’ai trop hâte de vivre ça et de faire mieux. Déjà là, ça a été fantastique, vraiment ! Top ! »

Martin Taillandier (870 – Pacific) : « C’est extraordinaire ! C’est une super arrivée, en plus de jour, comme à Horta, et ma femme est là. Le bébé n’est pas encore arrivé et ça, c’est la cerise sur le gâteau. Hier, j’ai fêté mes 32 ans seul en mer et je me disais que le plus beau cadeau ce serait que je puisse l’accompagner à la maternité. C’est ce qui va se produire donc je suis hyper heureux ! C’est une belle réalisation. C’est assez indescriptible ce qui se passe cet été pour moi. Je tire une énorme fierté de ma participation à cette course. Je ressens un peu un sentiment d’accomplissement personnel car ce projet Mini 6.50 est un projet que je porte depuis trois ans désormais, avec la transat en ligne de mire. Comme on est tous en train de le vivre, on ne se rend pas vraiment compte de ce que c’est. Il va nous falloir sans doute un peu de temps pour réaliser mais c’est extraordinaire. On vient d’aller aux Açores, de faire plus de 2 500 milles en solitaire sur des petits bateaux de 6,50 mètres avec des conditions de vent et de mer assez variées. C’est assez exceptionnel. C’est un grand sentiment de bonheur. Je suis hyper heureux ! C’est génial ! »

Jérémy de Rochefort (525 – Alphonse) : « Je suis hyper content d’être arrivé. J’ai trouvé que c’était plus dur que la première étape. La météo était beaucoup plus clémente et beaucoup plus sympa mais mentalement j’ai eu un peu de mal à rentrer dans la course. J’ai mis quasiment une semaine à vraiment être content d’être en mer. Ce matin, d’un coup, la côte est sortie des nuages et ça m’a fait quelque chose surtout que ne n’avais, comme les autres, plus du tout vu la terre depuis les Açores. Depuis le premier soir, ce n’était que de l’eau, de l’eau et de l’eau ! Voir surgir les lumières puis percevoir les odeurs de la terre, ça m’a fait un vrai truc. J’avais par ailleurs plein de copains dans le chenal et toutes les émotions sont remontées. Je suis trop content d’être arrivé !

Pour moi, cette SAS, c’était vraiment la découverte du large et c’était top. J’ai adoré. La solitude, le temps un peu long, tout ça, ça m’a plu. J’ai trouvé ça vraiment chouette, tout comme les conditions qu’on a rencontrées. Je pense que j’ai rarement pris autant mon pied en bateau que dans le premier front qu’on a pris alors que c’était la guerre ! (Rires) Je me projette d’ores et déjà complètement sur la Mini Transat l’année prochaine ! On s’est trop régalé lors des trois derniers jours. En plus, c’étaient les perséides (pluies d’étoiles filantes, ndlr) et c’était tout simplement magnifique de voir ça en mer ! »

Nicolas Turin (523 – Migratour) : « C’était super ! Un peu dur au début parce que j’ai eu des problèmes de pilote automatique mais j’ai compris la progression entre les petites courses, les courses moyennes et les grandes courses comme la SAS. Ce n’est pas pareil, ce n’est pas la même ambiance. C’est autre chose et c’est super. Je vais garder en mémoire des nuits de surfs endiablés, des levers de soleil lors desquels le bateau glissait à fond… plein de choses magiques ! Je me suis fait encore plus plaisir sur cette deuxième étape que sur la première car j’ai fait plus attention. J’étais moins dans le quotidien et du coup, ça m’a plus marqué. J’ai découvert plein de trucs sur moi, sur le bateau, sur l’Atlantique puisque pour moi c’était une première de naviguer au large à cet endroit. Les vagues ne sont pas les mêmes qu’en Méditerranée et les goëlands non plus. Enchaîner deux étapes de 1 270 milles, ça demande beaucoup d’engagement mais c’est tellement génial ! Ça m’a énormément plu ! »

Quentin Debois (879 – Les Poupoules) : « Je suis très content. C’était une très chouette course et je me suis bien marré. J’adore naviguer et donc, comme à chaque fois, j’ai pris beaucoup de plaisir. C’était une très chouette nav’. J’ai vraiment bien aimé les deux étapes. A l’aller, il y a ce truc magique d’aller aux Açores et au retour il y a ce truc génial de rentrer aux Sables d’Olonne, l’endroit d’où on est parti. Ce que je retiendrai ? C’est peut-être de mieux préparer le bateau à l’avenir car il y a eu pas mal de casses et de petites choses qui auraient sans doute pu être évitées. J’ai, entre autres, l’étai qui a lâché au niveau de la cadène puis cassé mon spi max. Ce qui est cool c’est que sur ce type d’exercice, on apprend à chaque fois beaucoup. On passe par plein de conditions météos différentes et il se passe des tas de choses tous les jours. Plus on passe du temps sur l’eau et plus on progresse, c’est évident. Enchaîner deux étapes de dix jours, ça ajoute naturellement des heures au compteur. C’est à refaire, c’est sûr ! (Rires) ».

Aina Bauza Roig (1063 – Redo by Anima Negra) : « J’ai eu pas mal de problèmes sur le bateau lors de cette étape 2 et ça a été très dur pour moi de terminer la course. Pour commencer, j’ai cassé un safran. Cela m’a handicapée d’entrée de jeu. Ensuite, lors du sixième jour de course, mon pilote automatique est tombé en panne et dans la foulée, c’est mon pilote de spare qui s’est mis lui aussi des siennes. Ça a vraiment été très compliqué pour moi de gérer la situation mais je l’ai fait. J’ai très peu dormi lors des derniers jours. Je termine très fatiguée mais je suis très contente d’avoir réussi à aller au bout de mon aventure malgré tous mes soucis. Cela m’a poussée dans mes retranchements mais je suis fière d’avoir réussi à trouver des solutions. De ne jamais avoir baissé les bras. Dans la vie, j’aime voir les choses toujours positivement et je crois que lorsque l’on est en mer dans ce type de situation, c’est tout simplement essentiel si l’on veut avancer ! »

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