
Robinson Pozzoli (1026 – Uoum) : « Ça a encore été une étape engagée. On était parti sur des choses plus simples puis finalement il a fallu taper dedans et faire beaucoup de choix. Il y a eu beaucoup de réflexion sur l’eau pour savoir où aller. C’était vraiment une course incroyable avec deux manches complètement différentes. Pour ma part, j’arrive vraiment très fatigué. J’ai quelques petits bobos sur Uoum mais rien d’inquiétant. Sans aérien, j’ai essayé de faire une autre course, d’être à mon rythme et de lâcher cette pression du podium. J’ai repensé à pourquoi j’étais là et pourquoi j’avais pris cette décision. Après la Mini Transat, ce n’était pas évident de revenir sur une aussi grosse course. Il a fallu se réengager puis demander à la famille et aux amis de réaccompagner tout ça. Ce n’était pas possible de finir dans le même état d’esprit que celui dans lequel j’étais à l’arrivée de la première étape. A partir de là, j’ai donc pris pas mal de plaisir, même si c’était dur. Même encore cette nuit, il y a eu des grains. Hier, il y avait eu de l’orage et des éclairs.
En fait, je me suis dit qu’à la Mini Transat, je n’avais peut-être pas tout vécu avec Uoum et c’est vrai que cette fois encore j’ai coché beaucoup de cases. Je suis montré trois fois au mât en mer, je n’avais encore jamais fait ça. Je n’avais encore jamais été aussi vite non plus. Je ne sais pas combien de lignes il me reste à cocher. Si elles le sont toutes ou pas. Je vais prendre le temps de réfléchir. Les gars devant sont quand même super forts et ils ne laissent pas beaucoup de chances à ceux de derrière. Il y a vite une nuit d’écart. Il y avait en tous cas une super ambiance sur l’eau avec tout le monde. J’ai passé la dernière nuit avec Marie (Gendron). Avec mes problèmes d’aérien, j’étais bien content qu’elle soit à côté. Il y a plein de gens que j’ai croisé de temps en temps et que j’ai hâte d’accueillir maintenant. »

Marie Gendron (1050 – Léa Nature) : « Franchement, c’était trop dur. Je n’ai pas réussi à me mettre dedans. J’ai fait un départ tout pourri, ensuite je me suis collée dans le dévent de l’île. Je n’étais pas concentrée. Dans l’orage énorme qu’on a pris la première nuit, ma drisse a glissé du Constriktor et mon spi s’est couché dans l’eau avant de passer sous le bateau. J’ai essayé de tout ramasser mais je l’ai récupéré en lambeaux. Ça m’a épuisée d’emblée et je suis repartie à petite vitesse. Forcément, j’ai dû totalement revoir ma stratégie car sans médium, je ne pouvais pas envisager d’aller chercher de l’air au nord comme les autres.
J’ai navigué sous spi max et je me suis fixée des PNV (pression – nuage – vent) avec l’idée de faire des rebonds contre la dorsale. Cela m’a permis de tenir le max mais j’allais vraiment moins vite. Le bateau n’accélérait pas. C’était chargé, je n’aimais pas ça. Ce n’était pas drôle. Il y a quand même eu un truc dinguo et c’est vraiment la chose qui m’a marquée sur cette course, c’est qu’à un moment, dans la dorsale, j’ai vu un souffle de baleine. Elle est venue me voir. Elle a fait le tour du bateau et elle m’a littéralement fait une fête ! C’était impressionnant ! Fou ! Elle m’a remotivée. Je lui ai dit merci puis je suis repartie.
Je ne m’attendais pas à finir troisième au classement général. Quand j’entendais les distances avec les premiers à la vacation, je pensais que c’était foutu. J’ai éclaté mon paquet de M&M’s en deux heures tellement j’avais le moral dans les chaussettes ! (Rires) Après, j’ai recroisé Robinson (Pozzoli). On s’est un peu reboostés mutuellement. C’était ma dernière course avec ce bateau et ma dernière course sur le circuit. Je pense que c’est aussi pour ça que j’avais un peu les idées brouillées. C’est la fin d’une grande histoire. Je pense qu’il y avait pas mal d’émotions autour de ça, ce qui ne m’a sans doute pas aidée à me concentrer. Sur l’eau, je me suis dit « peu importe le résultat, ce qui compte c’est le chemin pour y arriver ». Cette phrase, que l’on connait tous, est tellement vraie ! Je suis contente de la manière dont j’ai tracé le chemin avec tous les partenaires du projet, les amis, la famille durant ces sept incroyables années en Mini 6.50. »

Felip Moll (931 – Ginjol) : « Cette deuxième étape a été difficile sur le plan de la météo. Il y a eu une succession de dorsales puis de fronts. Ça n’a pas toujours été simple à comprendre mais finalement ça s’est assez bien passé. Le plus dur, selon moi, a été de gérer les phases de pétole. Mentalement, ça a parfois été un peu éprouvant. Je suis content parce que mon bout-dehors, que j’avais réparé à Horta, a tenu. Il était très lourd mais il a marché parfaitement ! Ce que je retiendrai globalement de cette SAS, c’est que c’est une course longue et que ce n’est pas une « blague ». Je suis content de finir 10e. J’avais des objectifs assez ambitieux et je les ai atteints car je termine premier Proto de type « non scow ». J’avoue que ça n’a pas toujours été facile. J’ai d’ailleurs noté dans mon roadbook tous les jours quand ça allait ou quand ça allait moins bien et j’ai constaté que je passais vraiment par toutes les couleurs durant une seule et même journée. C’est beaucoup d’émotions à gérer mais c’est aussi ce qui fait que j’aime faire de la course au large ! ».

Thomas Jouans (791 – Moana) : « Dès le début, j’ai rencontré des problèmes de pilote. Ça m’est tombé dessus seulement deux heures après le départ. Ça n’a donc pas débuté pas super fort mais il y a eu plein de choses. Cette deuxième étape a été plus riche que la première parce qu’il y avait vraiment des choix à faire et ce à plusieurs moments. Il y a eu de tout sauf du près. J’ai hâte de voir la carto mais je crois qu’il y a eu plusieurs routes qui ont marché. Comme je découvre encore la météo au large, j’ai encore beaucoup appris. Il va y avoir de nombreuses choses à débriefer. Il y a, par ailleurs, eu du match jusqu’au bout. J’ai croisé Felip Moll hier en fin de journée et on s’est battu pendant 24 heures l’un contre l’autre. Ça, c’était cool ! Sur toute la course, j’ai pu engranger énormément d’expérience mais aussi prendre un max de plaisir et j’étais là avant tout pour ça. L’objectif a donc été atteint ! »

Pierre-Adrien Morinaux (551 – Epanoui) : « Cette étape n’a pas été facile mais je l’ai quand même trouvée moins dure que la première. C’était vraiment bien. Un peu frustrant au niveau de la performance parce que j’avais cassé deux / trois trucs à l’aller et que donc au retour c’était un peu compliqué. Dans le gros temps, je ne pouvais pas trop envoyer le spi mais je pense qu’on était un peu tous dans le même cas. A l’arrivée, j’ai remonté tout le monde, je ne sais pas comment. Le bateau est tellement incroyable dans le petit temps ! Je suis super content !
J’ai passé cinq jours tout le temps tout seul. Je n’ai vu personne. Lors des dernières 24 heures, tout le monde parlait à la VHF en continu. Tout le monde en avait trop marre, je pense ! (Rires) C’était cool de revoir des copains à la fin et qu’on termine en régatant au contact. C’était énorme de finir bord à bord avec cinq bateaux et en plus je suis arrivé le premier donc c’est parfait ! (Rires) Je suis content de mon classement sur cette étape car je suis deuxième bout pointu mais au classement général ça va quand même faire mal parce que j’ai perdu un peu de temps à l’aller.
Je suis juste content d’avoir fini vu l’état dans lequel je suis parti. Ce n’est pas anodin d’aller aux Açores et de revenir en Mini 6.50. Mieux vaut ne pas s’en rendre compte avant de partir, en fait ! C’est dorsale, front, dorsale, front tout le temps. C’est évidemment hyper riche sur le plan de l’apprentissage. J’ai vraiment appris beaucoup de choses ! Je suis trop content d’avoir fini ça. C’était un peu un rêve et c’est chouette. Vu l’investissement que cela demande, c’est un vrai accomplissement ! »

Elouan Barnaud (888 Eight Cube) : « C’était vraiment incroyable de finir la course de cette manière. C’était vraiment marrant car on est dix à tous être arrivés à 100 mètres les uns des autres. Lors des dernières 24 heures, on a beaucoup parlé à la VHF, c’était trop bien. J’ai encore eu beaucoup de casses sur le bateau. Ce n’étaient pas des soucis électroniques comme lors de la première étape. Cette fois, j’ai eu un problème avec mon palier arrière de quille. A 700 milles de l’arrivée, il s’est décroché de la cloison. J’ai remonté la quille avec une sangle à cliquet et j’ai terminé comme ça. C’était un peu stressant mais avancer était finalement la seule chose qu’il me restait à faire.
Il y a eu des gros coups de mou mais j’ai réussi à bien gérer mentalement la première dorsale en sortant des Açores. Je crois que ne n’ai pas fait une très bonne trajectoire et c’est peut-être pour ça que les suivantes ont été un peu plus difficiles. Le reste, j’ai vraiment kiffé. On a eu des grosses glissades. Je n’avais plus de pilote sur la première étape donc là j’ai pu voir ce que ça faisait d’en avoir un. J’ai ainsi fait des nuits à 14-15 nœuds et c’était vraiment top. J’ai pris beaucoup de plaisir, j’ai vu plein d’animaux et notamment des tortues, puis j’ai pris un bon départ. Je suis trop content ! »

Nicolas Cousi (1075 – ARTC – Sloop) : « Par rapport à la première étape où ça avait été beaucoup plus dur même si j’avais été mieux placé, j’ai adoré. Pas tout le temps mais j’ai trouvé que ça avait été vraiment hyper chouette, même si j’ai eu plein de problèmes avec mon bout-dehors. J’ai pu revivre, comme les premières fois, les sensations incroyables des arrivées et des aventures de fou. Je suis passé par tous les états. Il y a eu pas mal de pétole et par moments ça a été hyper dur. Arriver aux Sables d’Olonne après tout ça, c’est cool. En plus, nous sommes arrivés tous ensemble. Ce soir, clairement, ça va être la grosse boum !
Cette SAS, c’est quand même la course la plus incroyable en Mini parce qu’il y a tout, parce qu’elle est hyper complète, parce que quand tu crois que c’est fini ça ne l’est pas, parce que tu as toutes les conditions et aussi parce que tu reviens au point de départ, ce qui est quand même un truc hyper différent de la Mini Transat. Tactiquement, c’est vraiment une épreuve incroyable. C’est une course de malade mental ! Je suis vraiment content de l’avoir faite. La Mini Transat, c’est une aventure de fou et la SAS, même si elle est moins connue, c’est une épreuve sacrément compliquée. Je suis évidemment très content d’être arrivé avant le 16 car je vais pouvoir être au mariage de ma sœur en Auvergne. J’ai eu quelques doutes il y a deux jours. Je me suis imaginé vendredi, avec les voiles en train de faire « flap-flap », pendant que la cérémonie avait lieu. Ça m’a bien fait flipper et j’avoue que ça m’a fait imaginer tous les scénarios possibles et imaginables ! (Rires) »

François Letissier (427 – Birvidic) : « Ça a été absolument super ! Tout a été parfait ! C’était vraiment ce que je venais chercher avec à la fois du vent, de la pétole et presque toutes les allures. La fin de course a été super. Pour moi, c’était un peu inespéré parce que j’étais quand même plus habitué à terminer les courses tout seul plutôt qu’à les terminer comme ça, dans le gros du peloton. J’ai trouvé ça très excitant même si j’ai fait attention à ne pas me laisser prendre trop au jeu pour ne pas faire d’erreur. J’ai toutefois trouvé ça très drôle. Finalement, quand on se pose la question entre aventure pure et la course au large, on se rend compte à quel point le groupe a un effet d’émulation terrible. C’est fabuleux ! Petite anecdote : j’aime bien les plats lyophilisés sauf une recette, celle du porridge au jambon fumé et champignons. Je me suis dit que ne pouvais pas terminer sur quelque chose de parfait, donc j’ai fini par manger la pochette que je n’aime pas. Etonnement, alors que je n’avais pas apprécié sur la transat, cette fois j’ai trouvé ça bon ! Comme quoi, selon les situations, même les goûts changent ! »

Marc-Eric Siewert (614 – Absolute Sailing Team) : « J’ai préféré cette deuxième étape à la première. Je l’ai trouvée très amusante car les conditions météos étaient vraiment chouettes. Seuls les premiers jours ont été un peu stressants car il y avait pas mal de vent et il fallait réussir à tenir le bateau sous spi max. C’était très excitant mais aussi et surtout très fatigant. Ensuite, ça a été moins exigeant et j’ai pu me relaxer davantage. Ça a été une très belle navigation et j’ai trouvé ça très fun. En réalité, il n’y avait en fait pas grand-chose à faire hormis essayer de faire avancer le bateau le plus vite possible et optimiser le matossage. J’ai beaucoup dormi, j’avoue. La fin a été aussi surprenante que géniale. C’était amusant de retrouver presque tous les copains, parmi lesquels Thiemo (Huuk) que j’ai recroisé juste 100 mètres avant la ligne d’arrivée. C’était finalement très différent de la Mini Transat mais je crois que nous avons vraiment été très chanceux avec la météo. Ça a vraiment été une très belle étape et une très belle course ! ».

Foucauld Malard (621 – Mare e Vela) : « Je suis super content d’arriver. Ça a vraiment été super. Je suis satisfait car j’ai pris du plaisir sur cette deuxième étape, contrairement à la première. J’ai réussi à m’amuser et à bien aimer, et ça c’est une très bonne nouvelle. J’ai cassé quelques trucs comme mon spi max et un outrigger mais rien de rédhibitoire finalement. En fait, sur un Proto il y a tellement de trucs à gérer et à régler que finalement, le plus dur, c’est de s’arrêter. J’ai appris plein de trucs. Faire de très longs bords sous spi, c’est super intéressant, notamment pour les réglages du pilote mais aussi pour apprendre à appréhender les systèmes météos. J’ai tellement appris de choses lors de ce mois passé sur le bateau ! J’ai aussi appris beaucoup sur moi. Je suis passé par toutes les émotions. J’ai par ailleurs découvert que j’avais des problèmes d’ouïe. Quand ça claque, je ne supporte pas et il faut que je trouve une solution là-dessus. J’ai clairement pris confiance en moi sur le bateau et je sais maintenant mieux gérer les situations de stress. Je viens de passer la nuit sans pilote et il n’y a pas eu de souci (Rires) ! Je suis content parce que les galères que j’ai eues, je ne voulais pas les avoir pendant la transat mais avant pour pouvoir apprendre à les régler et/ou à les gérer. J’ai vu ce que ça faisait d’avoir un black-out ou de naviguer avec une barre arrimée. Je suis content d’avoir un peu coché toutes ces cases pour dire « ok, je peux partir plus sereinement pour la grande traversée l’année prochaine ».



