
François Letissier (427 – Birvidik) : « Déjà il y a deux ans, je m’étais régalé mais cette année encore plus ! Je n’ai eu aucun problème. Il y a eu du vent tout le trajet hormis hier et au nord de l’Espagne où je me suis retrouvé bloqué. Je crois que c’est là, vraiment, que j’ai perdu beaucoup. Je n’ai pas compris. Je suis tombé dans une bulle mais à part ça, je me suis régalé. Je pense que j’ai tiré le maximum du bateau ou presque. Il est fiable et je pense qu’il ne m’a pas encore révélé tous ses secrets. J’ai croisé quatre cachalots. Je pense que c’était une famille ou deux femelles et deux petits. Je ne m’attendais pas du tout à ce spectacle. C’est plus joli qu’une méduse mais ça fait une énorme masse noire à la surface et on ne sait pas où est un bout et où est l’autre. J’étais sous gennaker et je n’allais pas très vite mais je les ai vraiment frôlés. C’était la première fois que je voyais de gros mammifères marins en mer. L’atterrissage sur les Açores est toujours aussi magique. La nuit dernière, on s’est retrouvé coincé sous les falaises de Sao Jorge. Ce matin, lorsque le jour s’est levé, c’était magnifique. Dans ce type de cas, comme dirait un copain à moi, il faudrait pouvoir se faire développer la rétine ! »

Felip Moll (931 – Ginjol) : « Je me suis vraiment régalé pendant la course même s’il y a eu deux ou trois moments un peu difficiles. Le premier a été le passage de front lors de la deuxième nuit. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si violent mais je l’ai correctement géré. Je n’ai pas hésité à sortir le tourmentin. Le deuxième a été le passage du cap Finisterre où j’ai cassé mon bout-dehors en deux. J’ai dû le réparer comme j’ai pu ce qui m’a permis de pouvoir utiliser le Code 0 et de continuer mais je dois trouver une solution pour la deuxième étape. Le plus dur a sans doute été la journée d’hier, à 20 milles de l’arrivée, lorsque je me suis retrouvé dans la pétole complète. C’est dur de se retrouver à l’arrêt si proche de la ligne et après autant de temps passé en mer.
Si j’ai déjà fait la Mini Transat en 2021, c’est ma première participation à cette Les Sables – Les Açores – Les Sables. Je suis super content de découvrir l’archipel. J’éprouve la même sensation que lorsque je suis arrivé aux Canaries et en Guadeloupe. J’aime découvrir de nouvelles destinations. Cela fait partie de l’aventure, et c’est précisément pour cette raison que je fais du Mini 6.50 plus que pour la compétition. Grâce à l’expérience de ma transat, j’ai vraiment pu profiter à fond de l’étape et le fait est que j’ai pris énormément de plaisir sur l’eau. »

Cecilia Zorzi (1089 – Eki) : « C’était ma première grande course et je suis définitivement contente d’être là ! La course a été super intense. Mon but premier était d’arriver. Le contrat est donc rempli. Je suis contente. J’ai appris beaucoup, notamment sur moi-même. Honnêtement, avant le départ, je ne savais pas comment j’allais vivre le fait d’être seule en mer pendant si longtemps ni comment j’allais gérer la solitude. C’est vraiment la première fois que je me suis retrouvée pendant plusieurs jours sans voir ni parler à personne. J’ai pris beaucoup de plaisir et c’est vraiment une joie d’être arrivée jusqu’ici avec mon petit bateau. Ça n’a pas été toujours facile. Il y a bien sûr eu des hauts et des bas mais globalement je me suis bien amusée. Je suis contente de terminer 11e mais je ne me suis pas fixée d’objectif de résultat sur cette épreuve. Le principal pour moi, c’est de profiter de l’aventure. Ces prochains jours, je veux essayer de profiter au maximum de ce bel endroit et explorer les environs, mais aussi profiter de passer de bons moments avec tous les autres concurrents avant de repartir. Les retrouver tous ici, c’est très fort sur le plan émotionnel après ces presque dix jours de mer ! »

Thomas Jouans (791 – Moana) : « Ça a été une étape pleine de rebondissements ! Il s’est passé plein de choses et on a eu toutes les conditions météo. C’était cool. J’ai pu exploiter le bateau dans plein de situations que je n’avais pas encore rencontrées parce que je n’ai navigué que trois fois cette année dessus. Comme c’étaient des longs bords, j’ai eu le temps d’essayer des choses. J’ai vraiment découvert mon bateau plus que j’avais pu le faire jusqu’à présent.
Faire autant de distance, quel bonheur ! La pétole de la fin, en revanche, j’ai nettement moins aimé ! (Rires) Ce qui m’énervait, c’était de faire tomber des trucs de bouffe dans le cockpit plus que le fait qu’il n’avance pas ! (Rires)
J’ai adoré les bords de spi dans le vent fort. Je n’en avais jamais fait des aussi longs ! C’était génial de pouvoir tester les limites du bateau. Il y a plein de trucs que j’ai envie de noter car j’ai appris énormément de choses. Ce qui m’a vraiment régalé, c’est que je n’ai pas eu une arrivée dans le petit temps mais pleine balle ! Je ne sais pas combien de vent il y avait car mes aériens dysfonctionnaient depuis le cap Finisterre mais c’était vraiment sympa mis à part le fait que j’ai failli me planter de baie ! (Rires) »

Pierre-Adrien Morinaux (551 – Epanoui) : « Je suis trop content d’être là ! Franchement, c’est incroyable cette arrivée aux Açores ! Les îles sont fantastiques ! Quand je regardais la nature autour de moi, ça me faisait relativiser la pétole. Ça a été dur parce que je suis parti très fatigué. Pour moi, c’était déjà une réussite de prendre le départ. Terminer, et terminer en ayant un bateau à peu près complet, c’est pas mal ! Ça a été une course hyper complète. J’ai appris trop de trucs. C’est énorme l’apprentissage sur ce type d’étape, aussi bien techniquement qu’humainement, et c’est trop bien ! C’est clairement une étape de plus vers la transat.
Ce n’était pas la première fois que je passais autant de temps en mer mais c’était néanmoins la première fois en solo. La dernière fois que j’ai fait les Açores – Le Crouesty, j’ai mis trois jours et là, j’en ai mis onze ! Au début, c’était un peu dur mais au bout de 24 heures, ça allait. J’étais bien tout seul. Ça m’a rassuré sur plein de points et j’ai une belle job-list pour améliorer encore plein de choses d’ici à l’année prochaine. Dans l’immédiat, je vais me reposer et prendre du bon temps à Horta ! »



