« C’est un peu le scénario qu’on redoute en fin de course. On m’avait prévenu que ça pouvait se jouer sur la ligne, et ça s’est effectivement joué à l’arrivée ! C’était compliqué parce qu’on est partis au sud-ouest des îles en attendant 25 nœuds de vent du sud/sud-ouest pour arriver le 29 à minuit… Résultat, on est arrivés le 30 à minuit.
Au début de l’archipel, je tape la première pointe d’une île, ça pétole avec des calmes. Je me dis que c’est le dévent de l’île, donc je repars au large gentiment, je chope du vent de sud et je me dis que c’est bon. Puis je m’endors 4 heures sans faire exprès ! Je me réveille entre deux îles avec 10 nœuds de vent. Je me dis que ce n’est pas possible d’avoir du vent dans ce goulet alors qu’on m’a toujours dit de ne jamais y aller. J’abats, je mets le gennaker et je repasse sous l’île pour rattraper deux copains devant. Mais on se retrouve tanqués à avancer 10 milles. Tous les deux ou trois heures, on captait les concurrents à l’AIS et on les voyait avancer à 5 nœuds dans le goulet. On s’est dit qu’il fallait faire demi-tour et tenter la route : qu’on soit bloqués ici ou là-bas, c’était pareil !
Heureusement, la course ne se résume pas qu’à ça. Mon premier bulletin météo n’était pas bon et je n’avais pas la météo sur la balise du tracker, donc j’y suis allé au talent sur la dépression espagnole. Ça n’a pas très bien payé au début, mais j’ai réussi à tartiner durant la nuit en tribord pour remonter tout le monde, c’était cool. Ensuite, mon choix de passer au nord assez tôt par rapport à la dorsale visait à rechopper du vent, ce qui n’était pas si mal.
Le bilan est mitigé, mais j’espère que la deuxième étape sera meilleure ! C’est moins joli sur le retour, alors qu’ici le spot est juste magnifique. On s’est fait chier, on a bien pleuré, on a bien craqué, mais c’était tellement beau. Le principal, c’est qu’on est arrivés ! »



