« Avec Malo et Noé, ça faisait un moment que je voulais aller au sud. Je me suis toujours positionné pour glisser sous la flotte, en attrapant parfois Joseph à l’AIS, en travaillant pour aller au sud parce que je pensais que la dorsale nous placerait mieux et qu’on aurait un meilleur angle. Ça faisait trois jours que je bossais là-dessus.
Mais à un moment, on s’est retrouvés bloqués sous l’île de Pico. Une fois sur place, en voyant qu’il n’y avait pas de vent, on espérait que ça revienne dans la nuit… Mais ce n’est jamais revenu. On était trois côte à côte sans savoir si on devait faire demi-tour ou pas. C’était un moment horrible ! Quand le vent est un peu rentré, on s’est lancés, mais on voyait à l’AIS tous les copains qui étaient derrière nous au classement nous dépasser à 5 nœuds. Mentalement, c’était d’une dureté extrême.
Il y avait déjà eu la dorsale où tu te retrouves seul au milieu sans personne à l’AIS, à te demander si tout le monde ne passe pas au nord. Et la nuit avec la dépression, mon bout-de-dehors a flambé dans une risée. Comme je pensais qu’on jouait toujours le podium à ce moment-là, je suis allé à l’avant sans perdre de vitesse, à 10 nœuds, pour le changer avec les écrous : c’était très sport et j’en ai vraiment chié ! Puis cette dernière nuit a achevé de me terminer les nerfs. Je crois que ça n’a jamais été aussi dur sur une course.
Mais malgré tout, je suis content. J’ai pris un pied de folie sur ce bateau, ce sont des moments incroyables depuis le départ. Et c’est génial d’arriver à Horta : j’y étais déjà venu avec mes parents en croisière il y a 15 ans. Je vais même aller voir si le dessin qu’on avait fait sur les quais à l’époque y est toujours ! Je suis très content d’être là. »



