» Ça va… mais j’ai connu de meilleures navigations ! Il faut que je me pose les bonnes questions : soit j’arrête le bateau, soit j’apprends à naviguer correctement. J’ai tout fait à l’envers sur cette étape : dès qu’il fallait partir au nord, je partais au sud, et inversement. Mentalement, ça a été très compliqué, je n’ai pas du tout profité de la traversée.
Le plus dur, c’est qu’on est restés bloqués à quatre bateaux dans une pétole infernale pendant deux jours, sans réussir à bouger. Voir des marins qui étaient 300 milles derrière nous dépasser par la gauche et par la droite sans comprendre pourquoi on n’avançait pas, c’est une sensation terrible. J’ai rarement vécu ça. Quand tu as la boule au ventre en permanence, même les moments magnifiques de calme plat deviennent désagréables et horribles. Au bout de trois jours de calvaire, j’ai carrément arrêté d’écouter les classements à la radio tellement ça me rendait malade !
Par contre, l’éclipse solaire en mer, c’était une vraie dinguerie ! Ça, c’est un souvenir gravé à jamais.
Après un an de préparation, je suis quand même content d’avoir terminé et d’être aux Sables-d’Olonne, on ne va pas cracher dessus. La Mini Transat reste l’objectif, mais il faut d’abord que je digère cette étape, que je retrouve mes proches, que je dorme et que je pense à autre chose pendant quelques temps. »



