Victime d’une chute brutale lors d’un vrac, puis confronté à la rupture progressive des brins de son étai, le skipper suisse a dû brider sa monture et naviguer dans l’angoisse pendant plusieurs jours.
« Franchement, ça a été très compliqué ! Au début, j’étais à fond et j’étais plutôt content : je faisais de bons choix tactiques. Puis, le bateau est parti en vrac sur une vague alors que je faisais une sieste. J’ai fait un vol plané à l’intérieur et je suis tombé brutalement sous le vent : je me suis blessé à l’épaule. J’étais vraiment dans le mal pendant 48 heures.
Pour ne rien arranger, quelques heures plus tard, j’entends de petits bruits métalliques suspects. Je sors contrôler le gréement et je vois des brins de mon étai qui rompaient les uns après les autres : à chaque « tonk », un nouveau brin lâchait ! C’était la panique. J’ai réduit la voile au maximum et bricolé une réparation pour éviter que tout ne pète. À partir de là, c’est devenu un mode « survie » : j’avais une peur bleue de démâter, alors j’ai navigué très gentiment (piano, piano). L’objectif absolu était de rentrer avec le mât debout.
Tout le début de traversée a été très éprouvant sous la douleur et le stress. Dès que je suis arrivé dans la dorsale anticyclonique, j’ai ressenti un soulagement immense. Il n’y avait plus de vent, donc plus de risque pour le mât : mon corps s’est enfin relâché et j’ai fait une sieste de 8 heures d’affilée sans même me réveiller ! À partir de ce moment-là, j’ai pu relâcher la pression et recommencer à prendre du plaisir. C’est un sport mécanique, ça fait partie du jeu, mais j’ai eu une grosse frayeur. Je suis vraiment soulagé d’être là ! »



