Marie Gendron (1050 – LEA NATURE), 3e Proto à Horta (avant jury)

27 Juil 2024 | Edition 2024

Marie Gendron a franchi la ligne d’arrivée de la 1ère étape en 3e position chez les Proto ce samedi 27 juillet à 16h55’32’’(heure française). La skipper a mis 8 jours, 03 heures 55 minutes 32 secondes pour boucler cette 1ère étape à une vitesse moyenne de 6,49 nœuds. Son temps d’écart avec le premier est de 4h37’29’’.

Marie Gendron (10150 – Léa Nature) : « 4h37 d’écart avec le premier ? Ça va, ce n’est pas pire. J’avais hyper peur. Je me disais que si je restais collée, la course était bâchée et qu’il n’y aurait plus de jeu après. Quand Alexandre (Demange) m’a dit hier qu’il pensait passer dans le canal entre Sao Jorge et Pico, je me disais que pour moi c’était mort. Moi, je ne voulais pas y aller. J’ai d’abord tenté au sud de Pico mais je me suis arrêtée dans zéro nœud. Je n’ai donc finalement pas trop eu d’autres choix que d’y aller aussi ! Une fois dedans, j’en ai bavé pour sortir. Je sentais que si le vent tournait c’était cuit, qu’on était foutu-foutu. Ça a été une super expérience. C’était marrant de faire du ping-pong entre les îles. La pétole, c’est toujours dur, mais ça fait partie du jeu à l’arrivée aux Açores. On sait qu’il faut perdre le moins de temps possible. Qu’il faut se magner tout le temps. Sur cette course, plus tu es riche, plus tu deviens riche.

Toute la course, ça a été la guerre. Je ne m’attendais pas à ce que le front froid de la deuxième nuit soit si violent. Au début, ça allait, il y avait 18 nœuds, mais ensuite on a pris 30 nœuds moyens. J’ai vu jusqu’à 36 nœuds à l’anémomètre ! Je me suis fait prendre par un mal de mer terrible. Je n’ai pas pu l’anticiper et c’est ce qui m’a freinée un peu dans cette phase. Après, on a eu une journée pour s’en remettre et reprendre des forces. Ensuite, bam, on s’est retrouvé dans le rail des alizés portugais, très violents eux aussi. C’était la cinquième fois pour moi mais des alizés portugais comme ça, franchement, je n’en avais jamais eu ! Les vagues étaient hyper courtes. J’ai tout arisé. Mis le casque et la veste. J’ai navigué sous ma casquette, à fond les ballons, sans trop réfléchir ! Ça a tapé super fort ! J’ai fait deux soleils, avec les deux safrans sortis de l’eau. C’était un peu flippant. Je ne m’attendais vraiment pas à ça ! »

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