
Justine Saint Hilaire (887 – King Julian 3) : « Je suis trop contente de la course. En arrivant, je ne savais pas trop à quelle place j’étais car je n’écoutais pas trop les classements. Mon idée, c’était seulement de faire de mon mieux. C’est trop bien ! Ça n’a pas été facile mais je suis partie dans des conditions un peu particulières parce que je suis la dernière de la liste d’attente à avoir intégré la liste principale. J’ai appris une semaine avant le départ que j’avais la chance de faire la course et du coup je suis partie avec une espèce d’optimisme incroyable. A partir de là, plus rien ne pouvait m’atteindre ! Toutes les situations, je les ai tournées en un truc chouette. J’étais trop contente. C’était la première fois que je passais un front. J’avais étudié ça dans les bouquins mais je ne l’avais jamais vécu et c’était incroyable ! Pareil pour la traversée du golfe de Gascogne et le passage du cap Finisterre. Je n’avais jamais été dans ces endroits qui sont quand même assez connus dans le monde des marins. Ensuite, il y a eu l’océan, le grand, et c’était fou !
Normalement, je suis assez sujette aux hauts et aux bas mais là, je me sentais tellement chanceuse d’être là que j’étais trop contente tout le temps. Evidemment, il y a eu des petits coups de mou mais dans ces cas-là, j’ai eu une grosse pensée pour les gens qui étaient sur la liste d’attente avec moi et qui n’ont pas pu partir. Je me disais « go, profite de chaque instant, tu vas aux Açores ! ». Je suis contente parce que j’ai récupéré mon bateau en janvier et on n’est pas beaucoup dans ce cas-là à avoir fait la course. Je suis contente de voir que tout le travail de l’hiver a porté ses fruits. Je suis vraiment trop fière d’avoir réussi ! »

Louis Bouscasse (954 – ADJ Diabète) : « C’était fou ! C’était une première grande course pour moi et ça s’est plutôt bien passé. J’ai fait mon meilleur résultat en Mini 6.50 donc je suis super content. Vers la fin, c’était un peu dur pour le moral, surtout la dernière nuit. J’ai tenté des petites options qui n’ont pas du tout marché et ça a été un peu compliqué mais je suis content d’arriver. On savait que les derniers milles seraient durs et ça m’a rendu un peu fou par moments, mais on était au courant qu’il y avait des vents très changeants et faibles dans la zone. Quoi qu’il en soit, les Açores, c’est super beau !
Ce que je retiendrai ? Les grandes glissades après le cap Finisterre. On a eu un jour et demi, deux jours avec pas mal de vent et ça dépotait bien. C’étaient de bonnes sensations, un peu effrayantes parfois ! J’ai appris énormément de choses. J’avais cependant fait une qualif’ assez longue (11 jours), donc la solitude, tout ça, j’y avais déjà gouté. Je sais ce que je dois bosser mais je suis globalement super content même si ce n’est pas fini puisqu’il reste une deuxième étape. En tous cas, ce n’est que du bon pour la suite ! »

Ramon Ribera (1035 – Sames Company) : « Ça a été une course longue mais vraiment très belle et très intéressante. C’était la première fois que je passais autant de temps seul en mer en course. Ça s’est super bien passé et je suis vraiment très content d’arriver ici, aux Açores. Les derniers milles, dans la pétole n’ont pas toujours été simples à gérer. Il a fallu faire preuve de patience et même de philosophie par moments, ce qui est toujours plus facile à dire qu’à faire. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau et j’ai appris énormément de choses. Lors de la première partie de la course, dans le golfe de Gascogne, j’ai commis pas mal d’erreurs et j’ai perdu pas mal de terrain. Je crois que j’étais pointé 30e ou quelque chose comme ça au moment du passage du cap Finisterre. Après, heureusement, j’ai réussi à être assez rapide et à avoir de très belles phases. Je suis vraiment content d’être là et j’espère savourer autant l’étape retour que celle qui vient de se terminer. Je vais me reposer puis réparer mon balcon avant, la seule chose que j’ai finalement cassée lors de la course, ce qui est une bonne nouvelle. »

Loïc Guyader (1055 – Kirby) : « La course a été sympa. Elle a été un peu plus longue que j’imaginais mais elle a été chouette. J’ai un peu regretté d’être isolé pendant l’étape et de ne pas avoir trop de contact. C’était un peu dur de se motiver parfois. Lors de cette dernière journée, on a fait deux bords un peu bourrins dans un grain, avec le vent qui est monté à 17 nœuds, avant de tomber dans la pétole, de subir les courants et de chercher la moindre risée. C’était sympa de finir à la bagarre avec deux copains plutôt que de terminer tout seul mais j’aurais bien aimé terminer quelques heures plus tôt quand même.
C’était la première fois que je passais autant de temps sur le bateau. Lors de ma qualif’, je n’avais même pas passé six jours en mer. Ça s’est plutôt bien passé. Il y a de bonnes alternances de conditions fortes et de conditions plus calmes. Je me suis quand même posé la question de savoir s’il y avait 20-25 nœuds pendant dix jours sur une étape de transat, quel engagement ça demandait.
Le départ a quand même été un peu chaud, avec le démâtage de Thaïs (Le Cam) et les gars qui ont délaminé leur bateau au niveau du cap Finisterre. C’était un peu inquiétant. J’ai un petit peu levé le pied à certains moments pour préserver le bateau parce qu’il y avait quand même de la route. L’idée, c’était d’arriver pour pouvoir repartir. Ça s’est plutôt bien passé parce que je n’ai rien cassé. Le bateau va bien et je suis bien à bord. C’est encourageant pour le retour et pour la transat l’année prochaine. »

Arnaud Kawka (1098 – Build Crew) : « Ça a fait du bien de finir la course en se tirant la bourre à trois pour passer la ligne d’arrivée ! Ça a vraiment été une super course ! On a eu toutes les conditions. J’ai appris plein de trucs. Ça n’a pas toujours été facile mais c’était vraiment trop bien. Dès le début, je me suis retrouvé privé d’AIS. J’ai été tout seul, tout le temps. Je n’ai vu personne avant ce matin. J’ai passé toute la course sans savoir où étaient les autres. C’était nouveau pour moi mais c’était bien. Ça m’a permis de pouvoir me concentrer sur la météo, de bien comprendre ce qui se passait et d’apprendre plein de trucs. Bien sûr il y a eu des hauts et des bas. Des moments où j’étais super heureux, à la limite de l’extase, puis d’autres où ça a été plus durs mentalement, comme dans la pétole ou comme quand on casse des trucs. La plupart du temps, ça a quand même été de bons moments. Quand on arrive depuis la mer sur les Açores et que l’on découvre les îles, c’est magnifique. Les paysages sont trop beaux ! »

Marie Chaussade (892 – Ganesh) : « L’objectif, c’était de me qualifier, de finir cette première étape, de me faire plaisir et ensuite, éventuellement, de faire un bon classement. Je n’avais jamais fait une aussi belle place avant aujourd’hui. C’était trop bien. J’ai eu de grandes sensations sous spi même si j’ai fini par éclater mon spi max. Ce n’est toutefois pas très grave, au moins, j’ai joué. Franchement, c’était trop bien. J’ai beaucoup aimé naviguer dans le vent fort. La pétole, en revanche, je crois que ce n’est pas pour moi ! Dans ce type de conditions, les nerfs sont mis à vif. On a envie d’arriver mais on n’arrive pas !
Je me suis surprise à me challenger. La fatigue, le matossage… tout ça me faisait un peu peur mais ça s’est bien passé, j’ai bien géré. Il reste la deuxième étape mais je pense qu’aujourd’hui, c’est un beau cap de franchit pour moi. Ça fait seulement un an que j’ai mon bateau. De plus, j’ai eu des petites aventures en début de saison. Là, toute la semaine, j’ai été bien classée. J’ai un peu craqué aujourd’hui mais j’ai souvent oscillé entre la 12e et la 13e places. Au bout du compte, il n’y a que du positif. J’ai hâte de regarder la carto et de refaire le match avec les autres.
J’ai trouvé que l’arrivée dans les îles était magnifique. Les paysages ici sont trop beaux. A deux milles de la ligne d’arrivée, j’ai dit à mon petit bateau « Ganesh, on l’a fait, quoi ! ». C’est trop bien ! »

Antoine Ouvrard-Lanet (984 – Localclimat) : «Je suis content d’arriver parce que la fin a été dure. Je suis en black-out depuis mercredi matin. Je n’ai plus d’énergie du tout car mes panneaux ne voulaient plus charger mes batteries. J’ai fini sans pilote automatique et sans trop d’instruments. Les gars qui sont arrivés il y a une heure m’ont tous doublé lors de la dernière nuit. Au près, je refaisais le même bord à chaque fois parce que je m’endormais. Sinon, c’était quand même assez chouette même si j’ai fait pas mal de mauvais choix et qu’il y a eu beaucoup de pétole. Avec mes problèmes, j’ai manqué un peu de lucidité. Ça m’a valu, justement, de rester bloqué toute la journée d’hier à Terceira. En fin de nuit, j’aurais clairement pu faire un choix un peu mieux mais comme j’étais grillé, ça n’a pas été le cas. Je suis ainsi resté de 7h30 à 18h50 au même endroit. Je n’avais jamais fait ça ! Je suis très patient mais à ce moment-là, je suis arrivé au bout ! (Rires)
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans la course au tout début. Je dirais les premières 24-36 heures. Je pense que j’avais beaucoup mobilisé d’attention avant le départ pour être prêt à l’heure. Je me suis vraiment lâché une fois qu’on a eu passé le front dans le golfe de Gascogne. J’aurais bien aimé arriver un peu plus vite. Terminer avec les copains qui sont arrivés un peu tous en même temps, surtout que j’étais avec eux toute une partie de la course. Le bon point, c’est que je n’ai rien cassé de méchant. En plus, je sais pourquoi mes panneaux ne marchent pas. Pour reconfigurer le chargeur, il faut un téléphone portable et on n’en a pas à bord d’un Mini 6.50. Il y a une deuxième étape et c’est ça qu’il faut se dire. On va repartir à fond ! »

Grainne Costigan (860 – Sea Fever) : «Je suis super contente ! C’est une grande chose pour moi d’être là, à l’arrivée de cette première étape. C’était long mais j’ai éprouvé beaucoup de plaisir. Les premiers jours, et notamment dans le front, j’ai été un peu barbouillé à cause du mal de mer. Je n’ai pas vraiment pu me concentrer sur ma course. Réussir à faire avancer le bateau correctement représentait déjà une petite bataille contre moi-même ! Heureusement, ça n’a pas duré trop longtemps et c’est vite allé mieux. J’ai pu profiter des belles glissades après le cap Finisterre dans le vent fort. Avec le spi médium en l’air, j’ai eu l’impression de voler ! J’ai ressenti des sensations vraiment incroyables !
Arriver aux Açores, c’est magique. Les îles sont fabuleuses. Lorsque j’ai découvert Sao Jorge, très verte, avec ses grandes falaises, je me suis sentie comme à la maison, en Irlande. J’ai apprécié ce moment d’autant plus que je me suis retrouvée entourée de dauphins et d’oiseaux. Au final, j’ai appris énormément. J’ai pu tester beaucoup de choses et voir ce que je devais améliorer ou changer sur mon bateau. A priori, il va falloir que je fasse quelque chose, si c’est possible, pour l’humidité ! J’ai tenté comme j’ai pu de faire sécher mes affaires mais ça n’a pas toujours été facile ! (Rires) »

Augustin Osmont d’Amilly (997 – Tanak Tombolog) : « C’était dur et même très dur. J’ai fait toute la saison sans trop de soucis sur le bateau mais cette fois, j’ai eu plein d’emmerdes qui se sont enchainées. J’ai pris un bon départ mais au bout de cinq minutes, ma drisse de grand-voile a cassé. Je me suis retrouvée à être obligée de monter au mât. Comme il y avait un peu de clapot, je me suis fait secouer dans tous les sens. C’est donc assez mal parti. Après, dans le front, j’ai commencé à me rendre compte que je n’avais presque plus de batteries. J’ai eu un premier black-out d’énergie et pendant trois jours j’ai navigué juste au compas. Pour préserver les batteries, j’ai dormi à la cape. J’ai continué comme ça jusqu’au moment où j’ai commencé à comprendre que j’avais un panneau solaire sur les trois qui fonctionnait. J’ai ainsi pu, en journée pendant les temps de calmes, recharger à bloc mais, en prime, mon afficheur de charge était finalement faux. A la moitié de la course, il n’était évidemment plus question de classement. Je n’écoutais plus le pointage. Je savais que ma route était plus lente et que c’était mort. L’idée, c’était d’arriver le plus vite possible et d’écouter la météo pour savoir si j’allais avoir du vent ou pas. A la fin, j’ai réussi à remonter tout doucement. Le dernier jour, on a passé l’après-midi dans la pétole coincés comme des canards, et ça a été un peu dur. Ça m’a fait plaisir de retrouver un peu d’air à la fin. J’avais peur que ça « repétolise » mais ça s’est finalement maintenu et le dernier bord a même été incroyable ! Maintenant, le but c’est de bien préparer l’étape d’après et surtout de profiter du temps à passer ici avec les copains ! »

Mathilde Vaudelet (796 – Mini Malist – La Voix de l’Enfant) : « C’était un peu mon souhait d’arriver au moins le jour de mon anniversaire et c’est chose faite ! J’aurais préféré avant mais c’est très bien comme ça.
C’était top. Il y a eu des moments plus ou moins sympas. C’est difficile de ne pas savoir où on se trouve par rapport aux autres mais j’ai essayé de réfléchir à la stratégie, de naviguer au mieux et d’être bien dans ce que je faisais. C’est plutôt réussi. Il n’y a que dans la pétole à la fin où ça commençait à tirer un peu mais à part ça j’ai vraiment bien vécu cette étape. C’était chouette. Je suis ravie de revoir du monde. Pouvoir partager les moments qu’on a vécu séparément mais aux mêmes moments et un peu de la même manière : c’est un peu l’essence du truc. Je suis ravie d’être là, c’est magnifique !
Je suis contente de voir que tous ces derniers mois de travail ont bien porté et d’être arrivée au bout. C’est vraiment une victoire. Je suis contente aussi d’avoir su gérer mes émotions. C’était hyper important pour moi. Je n’étais pas à fond à chaque fois mais je me suis souvent poussée et au final j’ai réussi à naviguer propre. C’est le principal. L’arrivée sur les Açores, c’est assez splendide. On a eu le temps de bien voir les îles (rires), mais c’est magnifique ! Je compte bien profiter de tout ça. J’ai de la chance, je n’ai pas grand-chose de cassé sur le bateau donc je vais pouvoir préparer tranquillement la deuxième manche. »

Nicolas Schmid (978 – Mantay) : « Je suis content d’arriver. C’était long. La journée d’hier était la journée de trop. Je ne savais pas du tout ce que je faisais là. C’était vraiment bizarre. Si ça avait continué, je pense que j’aurais pété un plomb. En plus, j’étais à court de cacahuètes (rires) ! Les vents n’étaient pas du tout ceux annoncés. Ça a été un peu compliqué, au près dans le canal entre Sao Jorge et Terceira. Il y a eu un ou deux grains pendant la nuit. Après, en revanche, ça a bien déboulé. Ça a bien déboulé aussi juste après le cap Finisterre. Là, c’était trop cool. Pendant un jour et demi, on a cavalé à 12-13 nœuds, ça traçait !
Je connaissais déjà un peu les Açores pour y être passé à plusieurs reprises en croisière mais c’est la première fois que j’y viens en solo. Je ne me suis pas ennuyé une seule fois. S’il faut recommencer, je recommence dès demain ! (Rires)
J’ai pété le bout-dehors dans le front, dans le golfe de Gascogne. Je ne sais pas si c’est dû aux conditions ou si c’est parce que j’ai trop tiré mes outriggers. Ça a cisaillé des boulons des chandeliers mais j’ai réparé et ça a tenu. Je ne venais pas du tout pour faire un résultat mais plutôt pour l’expérience. Pour vivre un défi un peu personnel. Le fait est que je n’ai pas été déçu ! On va voir comment va se passer la suite mais dans un premier temps, on va atterrir, prendre un verre et, surtout, retrouver les copains ! »

Nicolas Turin (523 – Migratour) :« Ça fait plaisir d’arriver, surtout après la journée de pétole qu’on a eue hier ! Je suis pourtant habitué en tant que Méditerranéen et en plus c’était prévu avant même le départ qu’à cet endroit on pouvait avoir ce type de conditions. C’était un peu agaçant mais sinon le reste, c’était super. Traverser le golfe de Gascogne, c’était une première pour moi. C’était un peu chaud mais c’était une expérience intéressante. Il y a eu plein de trucs super. La descente au portant au niveau du DST du cap Finisterre, wahou, ça, c’était magique, vraiment fabuleux ! L’arrivée sur les îles açoriennes, c’est aussi incroyable. Il faut voir les paysages, la végétation, les saignées de rouilles… Tout ça est vraiment extraordinaire ! J’ai, par ailleurs, beaucoup apprécié l’expérience « interne ». Mon foc est très légèrement déchiré au niveau d’une latte mais surtout j’ai mes feux de tête de mât qui ne marchent plus et ça, ça m’embête beaucoup. Autrement, le bateau n’a pas de bobos et le skipper va très bien ! »

Martin Taillandier (870 – Pacific) : « C’était ma première grande course au large en Mini 6.50 et d’une manière plus générale en bateau. Ça a été difficile avec deux-trois jours de vent assez fort au début mais rapidement le vent a molli. Là, ça a été assez dur psychologiquement parce qu’on a vu les écarts se creuser.
Franchement, lors des trois derniers jours dans la molle totale, au milieu de l’archipel des Açores, je me suis un peu demandé ce que je faisais là. A la toute fin, Eole nous a récompensés avec une petite brise thermique et ça a été assez extraordinaire ! Pouvoir être là avec tous les copains qui nous accueillent à l’arrivée, boire une bière, pouvoir sauter dans le port, c’est un peu mythique !
J’ai beaucoup souffert de la solitude finalement mais au bout d’un moment j’ai réussi à prendre sur moi. Ça fait partie de l’aventure mais les premiers jours ont été difficiles. J’ai laissé ma femme enceinte de huit mois et forcément il y a eu beaucoup d’émotions au départ. J’espérais que tout aille bien pour elle, évidemment. J’avais des photos d’elle et des images de l’échographie avec moi mais je me suis retrouvé seul face à moi-même. Au final je suis très heureux d’être là mais j’ai hâte de prendre de ses nouvelles. L’objectif, ça va être de rentrer rapidement et plus proprement en faisant de meilleures options ! (Rires) Le bateau est en bon état. J’ai réussi à m’alimenter. J’ai peut-être perdu un peu de poids mais ça, ce n’est pas trop grave à la limite ! (Rires) »

Jean-Baptiste Minvielle (916 – Youkounkoun) : « C’était incroyable ! Ça a été une super expérience ! C’est vraiment dingue de pouvoir passer autant de jours en mer et de se retrouver seul comme ça sur le bateau. Ça fait plus d’un an que j’ai mon Mini et j’avais bien cette échéance en tête. Je m’étais bien entraîné pour mais, malgré tout, j’ai été vachement surpris par l’intensité et la difficulté de l’exercice. Surpris aussi par toute la beauté des paysages et de l’intensité de tous les moments que j’ai passé à bord. Je suis trop heureux d’être arrivé et trop heureux de cette course !
J’ai cassé mon aérien, ce qui permet d’avoir les infos sur le vent, lors de la deuxième nuit. J’ai donc navigué un peu à l’aveugle jusqu’à la fin, c’est-à-dire pendant plus de dix jours dont trois jours dans du vent au portant où c’était très dur de lâcher la barre. J’ai donc peu dormi. Comme j’ai un Pogo 3, un bateau très humide, je n’ai pas trop quitté ma combi sèche mais c’était trop bien de se mettre à l’épreuve et de voir que j’étais capable de le faire, de tenir et d’arriver à bien faire marcher le bateau. C’était vraiment super chouette !
Sur ce type de course, en termes d’émotions c’est tellement dingue ! C’est pour ça que j’adore ce sport aussi. Ça nous fait traverser tellement de trucs et découvrir tant de choses sur nous-mêmes que c’est juste incroyable !
Mon arrivée était cool. Il y avait du monde pour m’accueillir. Là, l’idée c’est de faire un peu la fête puis de bien se reposer puis bien repréparer le bateau car l’étape retour va arriver vite. C’est ouf de se dire qu’on est arrivé sur cette île située au beau milieu de l’Atlantique tout seul sur un petit bateau de 6,50 mètres ! »

Cyril Coulot (721 – Groupe Verpack) : « Je suis vraiment ému. En longeant l’île de Sao Jorge, en voyant Pico puis en rentrant dans ce port qui a des allures de bout du monde, j’ai pris la conscience de ce que j’avais fait. J’ai réalisé que j’étais arrivé presque à la moitié de l’Atlantique avec mon Mini alors que cinq ans en arrière je n’avais jamais mis les pieds sur un bateau ! C’est vraiment là que j’ai pris la pleine mesure du truc.
Il y des moments que j’ai très bien vécus et d’autres très mal. Ce n’est pas la solitude qui m’a pesé. Je préfère la solitude au compromis. Après des années de rugby, je suis passé de l’autre côté ! (Rires) Ce sont les zones de molle et la pétole que j’ai peu aimé. Au bout d’un certain temps, j’ai fini par exploser. C’était d’autant plus rageant que j’étais au coude à coude avec Nicolas (Turin) depuis deux jours et que dans une de ces transitions que, moi, je gère très mal, clac, il a décollé et il m’a mis 20 milles dans la vue ! Là, comme j’avais en plus peu dormi, j’ai littéralement craqué. J’ai commencé à essayer de défoncer ma bôme à coups de poing, j’ai hurlé, j’avais envie de tout casser… C’est toutefois anecdotique car le reste a vraiment été incroyable. Je trouve ça hallucinant de me dire que je suis aux Açores. Rien ne me prédestinait à ça. Je ne viens pas d’une famille de voileux. »

Gautier Chambolle (446 – Koati) : « C’était incroyable ! Je sous-estimais totalement la distance entre le cap Finisterre et Horta mais une fois que les îles arrivent, ça défile à toute vitesse et on n’a pas le temps de réfléchir. Au final, c’était trop bien ! Ce qui m’a plu, c’est de ne pas avoir de waypoint. C’était la première fois pour moi. Ça n’a toutefois pas été facile. Le premier front au départ a quand même été costaud. C’était la première fois que j’en prenais un aussi gros mais le bateau tenait, ça avançait et c’était incroyable ! Je ne dis pas que j’aimerais revivre ça cette nuit mais c’était une chouette expérience.
Je n’ai croisé personne du cap Finisterre à il y a trois jours. J’avoue que j’ai eu quelques moments de craquage avec quelques larmes lâchées dans le fond du cockpit mais ça valait le coup. Je m’attendais à tout mais j’ai finalement tout mal estimé. Je ne m’attendais pas à vivre tout ça mais c’était dinguo. J’ai fini au contact avec Aina (Bauza Roig). Un coup je la dépassais, un coup elle me repassait. A quelques milles de l’arrivée, elle m’a doublé sous spi. J’ai pensé que c’était plié car je n’avançais pas. Pendant quatre heures, j’ai eu deux nœuds de vent. J’ai sorti la radio portugaise même si je ne comprenais pas tout. Au final, elle a terminé juste derrière et je suis trop content d’être là !
Le bateau va bien. Les Pogo 2 sont des machines de guerre. On peut charger comme des brutes et le bateau tient. On ne peut pas aller aussi vite que les bouts ronds au reaching mais au moins on déboule dans les grosses conditions et ça, c’est pas mal. »

Aina Bauza Roig (1063 – Redo by Anima Negra) : «Ça a été une course très belle et très intéressante, mais aussi très longue. Il y a eu beaucoup de jours sans vent et ça fait vraiment du bien de finir la course avec un peu d’air. Ça a, par ailleurs, intensifié la bagarre avec Gautier (Chambolle) avec qui je me suis rendu coup pour coup pendant les trois derniers jours. Le match a finalement tourné en sa faveur mais qu’importe, je suis vraiment heureuse d’arriver ici aux Açores. Les paysages sont magnifiques. Toutes ces îles, c’est fabuleux !
Ça n’a pas été facile mais j’ai appris énormément de choses. Comme j’avais déjà beaucoup navigué en solitaire auparavant, la solitude n’a pas été vraiment une préoccupation. Je savais à quoi m’attendre de ce côté et que ce ne serait pas un problème pour moi. Globalement, tout s’est très bien passé. J’ai bien sûr un peu bricolé mais rien de grave. Je suis contente d’avoir bataillé avec les autres et je suis contente aussi de les retrouver pour partager avec eux ces quelques jours d’escale. »

Yann Pignet (1013 – Faustyne – Gayam) : « Ça a été une belle expérience si ce n’est que le deuxième jour, j’ai fait une accumulation de faux-pas ou/et de boulettes. Dans le golfe de Gascogne, je me suis retrouvé un peu planté. J’ai fait un peu de réparations et un peu de bricolage après avoir notamment pété une bastaque, puis je suis reparti après tout le monde. Après, ça a été la remontada tranquille. J’ai réussi à faire le tour des îles correctement. Je ne pensais pas réussir à arriver cette nuit car c’était de la navigation à mi-temps ou à tiers-temps : les trois-quatre derniers jours, il n’y avait pas de vent et lorsqu’il y en avait, c’était la nuit. Là, je suis très content d’arriver. Ça fait bizarre de revoir du monde. C’est le paradoxe de la semaine car j’ai vraiment vécu la course sans croiser personne et sans vacation. J’ai juste entendu la météo deux ou trois fois. A la fin, je me suis même demandé si je ne m’étais pas planté d’île ! (Rires) Je suis ravi. C’était cool. C’était une belle étape ! »



