Après une très belle première étape, Joseph Cloarec pouvait prétendre à la victoire au général. Il se classe pourtant 10ème d’une étape retour mouvementée. Freiné par les avaries et une option peu judicieuse, le skipper salue ses concurrents avant de dire adieu à son voilier.
» J’ai eu trois jours pour relativiser pendant la fin de course. Sportivement, je suis forcément déçu. Même si je n’avais pas d’objectif précis, en partant deuxième du classement général aux Açores, je me disais qu’il y avait moyen de faire un beau truc. Mais dès le début, je prends un mauvais départ. Ensuite, je casse ma sous-barbe et je perds pas mal de milles le temps de réparer — ce n’était clairement pas le meilleur moment de ma vie au milieu de l’Atlantique. Pour finir, j’ai fait un mauvais choix stratégique qui a laissé partir le groupe de tête. C’est la loi du sport, on ne peut pas toujours être le meilleur.
En revanche, sur le plan humain, c’est un truc de fou ! J’ai rencontré des gens incroyables et vécu des moments extraordinaires : les étoiles cette nuit, l’éclipse en mer, les dauphins, et tous ces super moments partagés à la VHF avec les copains au coucher du soleil. Je me suis fait de très bons amis.
C’était aussi une traversée chargée en émotion, car c’étaient probablement mes derniers milles en solitaire sur ce bateau faute de budget. Avis aux amateurs si un partenaire souhaite nous accompagner l’année prochaine avec Louise pour que l’aventure continue, mais pour l’instant ça paraît compromis. C’était fort de se dire que c’était ma dernière nuit en mer en solo à son bord.
Enfin, un grand bravo aux copains qui ont été incroyablement forts. Une mention spéciale à Meven Flao : c’est une machine de guerre, je suis super heureux qu’il gagne cette étape après sa mésaventure à l’aller. Bravo aussi à Ronan Jézégou et à Nicolas Le Coz, qui a montré ce qu’il avait dans le ventre après avoir fait l’aller sans aérien. Je suis trop content pour eux. Maintenant, place à la fête pour la troisième étape ! »



