En approche du cap Finisterre !

21 Juil 2024 | Edition 2024

Comme annoncé, la nuit a été tonique pour les solitaires de la 10e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Tous ont en effet dû composer avec 25 nœuds de vent et même jusqu’à 35 dans les rafales. A la clé, forcément, quelques petits bobos mais finalement rien de trop important hormis pour Thaïs Le Cam (1068 – Frérots AD) et Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla). La première, déjà contrainte à l’abandon lors de la Mini en Mai à la suite de problèmes électroniques, a vu son mât se briser en deux hier soir. Le second, qui survolait ce début de course, a déploré un problème de quille. Ce dimanche, alors qu’ils tentent respectivement de rallier au mieux Bilbao puis La Corogne, en Espagne, le reste de la flotte poursuit sa route dans un vent allant mollissant en direction du cap Finisterre. Cap que les premiers devraient franchir en milieu de nuit prochaine.

Après 30 premières heures de course au ralenti dans de petits airs, les concurrents de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont passé la surmultipliée hier en fin d’après-midi. Le petit front qui les a cueillis au milieu du golfe de Gascogne a en effet généré des vents de 20-25 nœuds et rafales à 35. Résultat des courses, les uns et les autres ont affiché des vitesses à deux chiffres toute la nuit et ainsi avalé les milles à vitesse grand V. Bien évidemment, dans ce type de conditions, certains se sont montrés plus à l’aise que d’autres, à commencer par l’ensemble des favoris qui répondent parfaitement présents, mais aussi et surtout par Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla). Malheureusement pour lui, ce dimanche en tout début d’après-midi, alors qu’il avait fait un léger break sur la concurrence et affichait plus de 16 milles d’avance sur son plus proche poursuivant, l’Espagnol, deuxième de la dernière édition de La Boulangère Mini Transat, a constaté un problème de quille. Dès lors, il a pris la décision de se dérouter vers La Corogne, laissant ainsi l’occasion à Julien Letissier (1069 – Frérots Branchet) de s’installer aux commandes de la course. Julien qui, pour l’heure, se démarque en restant décalé d’une trentaine de milles plus au nord que le reste du peloton. Bonne ou mauvaise idée ? Selon les derniers fichiers météo, il pourrait davantage tomber dans de la molle que les autres dans les heures qui viennent. Reste à voir ce que ça donne dans les faits. Dans l’immédiat, comme les autres, il continue de progresser au vent de travers dans un vent de nord-ouest. Un vent qui a déjà bien faibli depuis ce matin et qui va continuer de le faire au cours de la journée tout en adonnant.

Trois jours rapides à venir

« Les marins vont ainsi pouvoir lofer et passer juste au coin nord du dispositif de séparation de trafic avant de poursuivre leur trajectoire en route directe sur les Açores après, peut-être pour certains, un léger recalage dans le sud », précise Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve, rappelant que la Direction de Course a imposé le contournement par l’extérieur de ce fameux DST afin d’éviter une zone de vents forts sur une mer chaotique le long des côtes portugaises. « Les premiers devraient franchir le cap Finisterre en milieu de nuit prochaine. Dans la foulée, ils devraient de nouveau bien allonger la foulée avec un vent de nord nord-ouest soufflant entre 15 et 18 nœuds qui devrait les accompagner pendant deux ou trois jours, c’est-à-dire jusqu’à mardi ou mercredi », assure le spécialiste qui surveille de près l’évolution de l’anticyclone qui semble s’affaisser. Si cette tendance se confirme, alors la fin de course pourrait se révéler assez complexe. A date, bien sûr, la situation générale a encore le temps d’évoluer même si, depuis, le départ, force est de constater qu’elle est plutôt stable.

Une foule de petits « bobos »

Ce qu’il faut retenir par ailleurs ? Pêle-mêle :  William Ollivier(979 – Jade) et Benoît Alt (716 – Hader Solutions), respectivement victimes d’un problème de gréement et d’une fissure sur un appendice, ont respectivement rejoint les ports de Lorient puis des Sables d’Olonne. Ils étudient, l’un et l’autre, la suite à donner à leur course. En ce qui le concerne, Pierre Boulbin (869 – McDonald’s Les Sables d’Olonne Aizenay) déplore un problème de safran mais poursuit sa route. Pierrick Evenou (966 – Seeds-Bekina) et Sébastien Jouve (970 – Caliso PH7 Paysages & Horizons) ont, eux perdu leur aérien. Thomas Jouans (791 – Minimoana) a cassé son bas étai et prévoit de monter dans son mât pour réparer dès que possible. Augustin Osmont d’Amilly (997 – Tanak Tombolok) a, pour sa part, signifié un black-out électronique et attend avec impatience le retour du soleil pour recharger ses batteries. Justine Saint-Hilaire (887 – King Julian 3) compose avec des problèmes d’énergie depuis le début de la course mais précise gérer la situation. Enfin, Etienne Fournier (908 – Wastendi Adventure), handicapé par un sévère mal de dos, se dirige actuellement vers La Rochelle tandis qu’Elouan Barnaud (888 – Eight Cube) annonce une escale technique à La Corogne mais sans plus de précisions pour le moment.

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