Acrobate malgré elle dans le golfe de Gascogne, Emma Meilhat boucle la Mini Atlantique avec le sourire et quelques hématomes. Après un début d’étape engagé où elle a préféré lever un peu le pied, la navigatrice s’est illustrée par une belle navigation stratégique dans une météo incertaine. Son fait d’armes reste une montée au mât mémorable dans un clapot piégeux pour réparer son anémomètre, une opération réussie au prix de secousses mémorables avant de rallier la Vendée.
» L’étape a vraiment fait du bien au moral ! Même si le début était très engagé pendant trois jours où il fallait vraiment pousser fort, je n’ai pas tenu le rythme. Je n’ai clairement pas été assez agressive pour suivre les moyennes des leaders, ce qui m’a fait perdre pas mal de places.
Ensuite, la course s’est davantage jouée au placement. La météo que nous recevions restait très floue, il fallait donc anticiper, imaginer des schémas types et se positionner en fonction. Mais nous avons eu des conditions magnifiques : du vent, de la vitesse, du soleil… En termes de plaisir et de sensations, c’était assez magique.
Et puis il y a eu cette montée au mât ! Un matin, je me lève et je réalise que mon pilote est repassé en mode compas car je n’avais plus d’informations vent. Le problème venant du capteur là-haut, il fallait que je monte. Comme la mer semblait calme depuis le pont il y a deux jours, je me suis dit que ce serait peinard. J’ai quand même prévenu Pierrig [de Kerdrel] qui naviguait juste à côté de moi, puis je suis montée. Mais une fois là-haut, avec le clapot qu’on ne ressent pas d’en bas, je me suis fait catapulter dans tous les sens ! Sur le coup, portée par l’action, je n’ai pensé qu’à revisser la pièce et descendre. C’est en regardant mon corps après coup que j’ai vu les dégâts : j’étais couverte de bleus monumentaux, comme si je m’étais fait tabasser ! Les deux jours suivants, chaque manœuvre était très dure car les hématomes me faisaient mal aux muscles et m’empêchaient de m’allonger sur le côté.
Même si l’arrivée aux Sables est un peu moins dépaysante que celle d’Horta, c’est un très bel endroit et je garde le souvenir d’une très belle course. »



