Après 12 jours de mer éprouvants, Carla Henon-Steck a rallié Horta au terme d’une traversée marquée par des pannes d’aérien et de pilote automatique qui l’ont privée de spi. Benjamine de l’épreuve et seule femme à couper la ligne en catégorie Proto, la navigatrice a fait preuve d’une détermination sans faille pour aller au bout. À peine le ponton foulé, elle se projette déjà vers le départ de la seconde étape, prévu dans moins de 36 heures.
« Ça fait tellement de bien d’être arrivée, j’en avais vraiment marre ! Les dernières heures allaient un peu mieux, mais la journée d’hier, j’ai fait n’importe quoi. Je suis épuisée, mais tellement heureuse d’être au ponton.
Depuis le deuxième jour, mon aérien faisait n’importe quoi en me donnant des données complètement bizarres. En plus, mon pilote automatique lâchait tout le temps, je n’avais aucune confiance en lui. Sans données de vent fiables et avec un pilote instable, je n’ai pas osé mettre le spi. Résultat : j’ai complètement perdu le contact avec la flotte. J’ai aussi eu l’estrope du palan de quille qui s’est défaite, mais j’ai pu réparer rapidement, ce n’était pas trop grave.
La tentation d’abandonner m’a traversé l’esprit très souvent, d’autant que je savais très vite que j’étais loin derrière. Mais je voulais continuer. Je voyais d’autres Protos s’arrêter et je me disais que j’étais la seule fille de la catégorie Proto encore en course pour aller au bout, ça m’a vraiment donné envie de m’accrocher. Si j’avais abandonné en Espagne, je sais que je me serais énormément énervée contre moi-même parce que ce n’étaient pas des avaries insurmontables. Je préfère largement arriver loin derrière que d’avoir abandonné !
Maintenant, l’objectif est de se reposer et de faire une bien meilleure deuxième étape ! »



