« C’était les montagnes russes sur cette deuxième étape, mais je suis tellement content d’être là ! Je t’avoue que je n’y croyais pas du tout le premier jour, c’est assez irréel d’être arrivé aux Sables-d’Olonne.
Faire demi-tour juste après le départ aux Açores à cause d’une casse, c’est mentalement très dur. Tu te retournes et tu vois cette horde de spinnakers de toutes les couleurs s’envoler devant Terceira, alors que toi, tu n’as plus le droit de participer à la fête et tu dois naviguer dans l’autre sens… J’ai eu le moral au plus bas. Je voyais un peu la fin du projet : si je n’arrivais pas à réparer pour repartir à temps, je ne serais pas qualifié et je ne finirais pas la course. Je broyais du noir.
Finalement, j’arrive à Angra do Heroísmo le lendemain et j’ai vécu une journée incroyable. Les préparateurs et les gens sur place sont de vrais magiciens : à 8h15 j’étais au ponton avec la pièce cassée, à 8h30 ils réveillaient un soudeur local et à 12h15 tout était réparé ! J’ai eu une chance inouïe. Voir cette solidarité, ça te redonne un boost de motivation immense pour repartir avec la banane.
Une fois reparti tout seul en mer, j’ai récupéré la dépression et le vent. Notre entraîneur nous avait prévenus : « Ça va revenir par l’arrière ! ». Dès que j’ai recommencé à écouter la météo, je me suis vu refaire mon retard mille après mille. Ça te met une énergie incroyable, tu es remonté comme une pendule ! Ça transforme une galère en une étape tout simplement magique. »



