Privé de récepteur BLU dès le premier jour de course, le skipper belge Barthélémy Lebizay a accompli une traversée en solitaire totale, sans météo ni contact avec le reste de la flotte. Après une navigation fluide en tracé direct, une fin de parcours au ralenti au large des Açores a mis sa patience à rude épreuve
« Tu vois le concept d’une qualification ? J’ai fait exactement ça ! J’ai perdu tout le monde à l’AIS et à la radio dès le deuxième jour. J’ai pété ma BLU le premier jour, donc je n’avais pas d’infos et personne à qui parler, j’étais tout seul. C’est très bien pendant une semaine, mais au bout du huitième jour, ça devient un peu long ! Là, je suis vraiment content de revoir du monde. C’était du vrai, vrai solitaire.
On dit souvent « Soit tu gagnes, soit t’apprends », et là j’ai beaucoup, beaucoup appris. J’ai énormément barré, tenté plein de choses, c’était génial. C’est pour ça qu’on vient. Il y a un vrai défi mental à certains moments.
Sans la BLU, ce n’est pas du stress, mais de la frustration. Tu te dis qu’au final tu fais une route relativement théorique et qu’il te manque le côté coup stratégique qui est toujours intéressant. Tous les jours à 17h, je me disais : « Tiens, là je pourrais être en train de dessiner mes petits anticyclones… » Et puis non, du coup tu traces juste ta route, ça change un peu le jeu !
L’arrivée sur les Açores a été un peu lente. On s’est croisés avec Justine vers 6h du matin hier, puis elle m’a déposé et toute la journée d’hier a été vraiment longue. Quand tu te doutes que les gens commencent à arriver, que les canettes de bière s’ouvrent au ponton et que tu n’es pas là, ça frustre un peu ! Mais c’est le jeu. On a eu des conditions compliquées sur la rentrée, mais c’était très formateur. Je suis super content d’être là et j’ai très envie de faire une pause avant de repartir dans l’autre sens ! »



