« C’était super tout le long ! Les glissades ont commencé dès le début au niveau du Finistère, ça surfait, c’était trop bien. Dès le deuxième jour, on s’est retrouvés au large et on ne se voyait plus du tout à l’AIS : c’était juste nous face à l’Atlantique, on y allait à fond ! Ensuite, les routines se sont rapidement mises en place. De mon côté, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Tenir le livre de bord, c’est vraiment mon kiff. Ça se voit d’ailleurs au fil des jours : plus on s’enfonçait au large, plus le livre devenait charnu, intéressant et illustré. J’ai vraiment pris du plaisir à le dessiner.
On a eu du temps pour ça, notamment sous la dorsale anticyclonique. On a passé deux jours et des nuits entières sans dormir pour rester attentifs au moindre nœud de vent. Sur la fin, les conditions sont redevenues très engagées avec du vent fort à l’entrée de l’archipel et un grain jusqu’à 40 nœuds. J’ai pété une drisse pendant mon sommeil : je me suis réveillé en sursaut avec la voile totalement étalée dans l’eau !
Après cet épisode, j’ai fait le choix d’aller au sud de l’archipel, mais ce n’était malheureusement pas la bonne option… Je me suis retrouvé complètement tanqué sous l’île de Terceira. C’était horrible, il n’y avait plus un brin de vent et on a perdu 24 heures sur place. Alors qu’on pointait dans le Top 15 autour de la 14ᵉ-15ᵉ place, on a vu les concurrents passer par paquets de cinq au nord des îles avec du vent frais pendant qu’on était scotchés à l’arrêt. C’était dur pour le mental de finir comme ça, mais l’arrivée est tellement magnifique que ça efface tout. Ce n’est qu’un numéro sur un classement, et il reste encore une deuxième étape pour se refaire ! »



